{"id":928,"date":"2026-09-01T13:26:04","date_gmt":"2026-09-01T11:26:04","guid":{"rendered":"https:\/\/jfpiquet.com\/?page_id=928"},"modified":"2026-09-18T12:49:49","modified_gmt":"2026-09-18T10:49:49","slug":"derobe-a-la-terre","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/jfpiquet.com\/?page_id=928","title":{"rendered":"D\u00e9rob\u00e9 \u00e0 la terre"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Roman<\/em><br>Photo de couverture : Nicolas de Sta\u00ebl, <em>Ciel<\/em> (1953, d\u00e9tail)<br>B\u00e9r\u00e9nice \u00c9ditions Nouvelles 2026<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-thumbnail\"><a href=\"https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/couv-derobe-a-la-terre.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"201\" height=\"300\" src=\"https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/couv-derobe-a-la-terre-201x300.jpg\" alt=\"Couverture du livre D\u00e9rob\u00e9 \u00e0 la terre, 2026.\" class=\"wp-image-930\" srcset=\"https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/couv-derobe-a-la-terre-201x300.jpg 201w, https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/couv-derobe-a-la-terre-402x600.jpg 402w, https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/couv-derobe-a-la-terre-685x1024.jpg 685w, https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/couv-derobe-a-la-terre-768x1147.jpg 768w, https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/couv-derobe-a-la-terre-230x344.jpg 230w, https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/couv-derobe-a-la-terre-350x523.jpg 350w, https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/couv-derobe-a-la-terre-480x717.jpg 480w, https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/couv-derobe-a-la-terre.jpg 988w\" sizes=\"(max-width: 201px) 100vw, 201px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n<p><em>Notes de lecture<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>Cher Jacques-Fran\u00e7ois,<\/p>\n\n\n\n<p>Comme je te l\u2019\u00e9crivais, sit\u00f4t trouv\u00e9 <em>D\u00e9rob\u00e9 \u00e0 la terre<\/em> dans ma bo\u00eete aux lettres, j\u2019ai abandonn\u00e9 le bouquin en cours pour me plonger dans le tien. Bonheur de lecture&nbsp;! J\u2019ai imm\u00e9diatement \u00e9t\u00e9 envo\u00fbt\u00e9e, tant par la musicalit\u00e9 de la langue que par la narration, avec son entrelacs de motifs sur une base de bourdon continu. Bourdon, oui, \u00e0 tous les sens du terme&nbsp;! Je pense bien s\u00fbr au th\u00e8me central du mal de vivre, du mal \u00e0 vivre&nbsp;: embourbement dans la r\u00e9p\u00e9tition mortif\u00e8re des m\u00eames heures, des m\u00eames peurs, des m\u00eames \u00e9checs, des m\u00eames humiliations, le tout m\u00e9taphoris\u00e9 sous le leitmotiv de la chute. Il faut dire que ton h\u00e9ros (antih\u00e9ros, devrais-je \u00e9crire) a un lourd h\u00e9ritage, lui qui est n\u00e9 d\u2019un \u2018mauvais\u2019 oiseau (Malloiseau) mort en se jetant du haut d\u2019une falaise, et adopt\u00e9 par un Icart qui ne se br\u00fble pas les ailes au soleil mais les poumons aux cigares. Pas \u00e9tonnant qu\u2019il soit d\u00e8s lors en d\u00e9s\u00e9quilibre permanent, tombant sans cesse&nbsp;: de haut quand on le vire de son boulot, de la berge au d\u00e9c\u00e8s de sa m\u00e8re, de l\u2019escalier de la maison d\u2019enfance, et de l\u2019avion, une chute finale qui redouble celle de la femme d\u00e9nud\u00e9e dans la mare sans nom, laquelle deviendra \u00ab&nbsp;du Prince&nbsp;\u00bb (et des redoublements, il y en a plein d\u2019autres&nbsp;!)\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Vertige devant le vide (il faut se prot\u00e9ger, s\u2019agripper, s\u2019enraciner), et tout \u00e0 la fois (parce que rien n\u2019est univoque dans ton roman), d\u00e9sir du vide. L\u2019entreprise de nettoyage et de rangement dans la maison et le jardin est une tentative de d\u00e9sengluement&nbsp;: effacer le pass\u00e9, s\u2019all\u00e9ger pour \u00e9chapper \u00e0 la pesanteur comme un ballon lib\u00e9r\u00e9 de son lien. Vieux r\u00eave icarien d\u2019envol qui s\u2019oppose \u00e0 l\u2019absurde r\u00e9alit\u00e9, telle qu\u2019exprim\u00e9e par l\u2019image kafka\u00efenne de ton narrateur en scarab\u00e9e retourn\u00e9 sur le dos, agitant ses membres en signe de d\u00e9tresse sous l\u2019\u0153il de celui-l\u00e0 qui est au hublot (l\u2019alter ego de qui regarde \u00e0 l\u2019\u0153il-de-b\u0153uf). J\u2019adore ce passage&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Se lib\u00e9rer, donc, mais de quoi&nbsp;? Car ton personnage se trompe d\u2019entreprise, n\u2019est-ce pas&nbsp;?&nbsp;Plut\u00f4t que de se d\u00e9barrasser des vieux meubles, il s\u2019agirait d\u2019apprendre \u00e0 meubler sa vie. Le vide, il l\u2019a d\u00e9j\u00e0 autour de lui. Il n\u2019est attach\u00e9 (apparemment) \u00e0 personne ni \u00e0 rien&nbsp;; il ne d\u00e9couvre que tardivement les d\u00e9tails sur le pass\u00e9 de sa m\u00e8re ou celui de son g\u00e9niteur&nbsp;; on ne lui conna\u00eet ni amours ni amis et le narrateur insiste sur son indiff\u00e9rence au monde, dont la rumeur ne lui parvient que par le vacarme des avions. Il apprendra la mort de son jardinier dix jours apr\u00e8s sa disparition, ne s\u2019inqui\u00e8te gu\u00e8re de celle de la vieille L\u00e9ontine, se m\u00e9fie de la g\u00e9n\u00e9reuse Ang\u00e9lique, par qui pourtant revient le go\u00fbt de vivre. Trop tard&nbsp;? Tout est dans le questionnement liminaire&nbsp;: \u00ab&nbsp;[\u2026] tu aimes \u00e0 penser que tu n\u2019as pas v\u00e9cu. Que faut-il comprendre&nbsp;?&nbsp;\u00bb Ton narrateur brouille la r\u00e9ponse \u2013 et c\u2019est tant mieux \u2013 en maintenant floues les fronti\u00e8res entre pass\u00e9 et pr\u00e9sent, r\u00e9el et r\u00eave, rationnel et fantastique, v\u00e9rit\u00e9 et mensonge. Du reste, le motif du brouillage\/ brouillard est omnipr\u00e9sent et je comprends que tu aies introduit la r\u00e9f\u00e9rence au <em>Songe d\u2019une nuit d<\/em>\u2019<em>\u00e9t\u00e9<\/em>&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Je t\u2019avoue que la fin du roman m\u2019a laiss\u00e9e ahurie\u00a0: faut-il que le triste Icart meurt au moment o\u00f9 il se d\u00e9cide \u00e0 vivre, alors qu\u2019il vient de comprendre que vivre, c\u2019est relier l\u2019hier et l\u2019aujourd\u2019hui, le chat roux de son enfance et les oiseaux du jardin (magnifique sc\u00e8ne du rouge-gorge\u00a0!), et soi \u00e0 l\u2019autre\u00a0? Et faut-il que la belle Ang\u00e9lique, envoy\u00e9e par le ciel pour lui montrer le chemin, soit l\u2019Ange de la mort\u00a0? Est-il puni d\u2019avoir jusqu\u2019au bout refus\u00e9 d\u2019affronter le risque et donc la vie, puisqu\u2019il avale des somnif\u00e8res pour anesth\u00e9sier sa peur durant le vol\u00a0? Ou bien s\u2019\u00e9vapore-t-il au-dessus du Sahara pour ne pas avoir affront\u00e9 la v\u00e9rit\u00e9 apr\u00e8s la rencontre avec un Petit Prince tomb\u00e9 du ciel \u2013 sc\u00e8ne terrible, le pivot du r\u00e9cit \u2013 et pire, pour avoir \u00e9t\u00e9 d\u2019une certaine fa\u00e7on complice du crime ? Je me dis que c\u2019est peut-\u00eatre l\u00e0, le p\u00e9ch\u00e9 capital de M. Icart, celui qui le condamne \u00e0 la Chute et \u00e0 l\u2019expulsion d\u00e9finitive de ton histoire. Ou pas. Parce que \u00ab\u00a0\u00c0 ce stade, on pourrait imaginer, on peut tout imaginer\u00a0\u00bb\u2026 Cela me pla\u00eet d\u2019h\u00e9siter encore\u00a0! En un mot comme en cent\u00a0: bravo\u00a0!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Sylvie Dubin.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><strong><em>La vie vue comme d\u2019un ciel profond<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 d\u00e9couvrir : le nouveau roman de Jacques-Fran\u00e7ois Piquet, <em>D\u00e9rob\u00e9 \u00e0 la terre,<\/em> en qu\u00eate de v\u00e9rit\u00e9s intimes\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>par Francis Vladimir&nbsp;<\/strong>(note de lecture parue le 21 ao\u00fbt dans la revue <em>Le Passe Muraille)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Voil\u00e0 que j\u2019ach\u00e8ve de lire le texte de JFP. En cette heure avanc\u00e9e de la nuit je m\u2019assigne la t\u00e2che que tout lecteur veut bien se donner lorsqu\u2019il reste travers\u00e9 par les sensations et de lecture et d\u2019\u00e9motion. De par son titre seul le roman se d\u00e9robe \u00e0 toute analyse pointilleuse, il nous emm\u00e8ne vers les hautes couches d\u2019une atmosph\u00e8re, celle de l\u2019avion et celle du r\u00e9cit. \u00c0 sa juste place l\u2019auteur se donne celle du r\u00e9citant, celui par lequel l\u2019histoire du fils de Madeleine Icart va nous \u00eatre cont\u00e9e \u00e0 la mani\u00e8re de JFP et cette mani\u00e8re-l\u00e0 convenons-en est celle d\u2019un v\u00e9ritable auteur qui sait que tout \u00eatre romanesque se r\u00e9v\u00e8le plus par pointillisme du peintre que par l\u2019artillerie lourde d\u2019un r\u00e9alisme sans failles.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec un tel texte on se sent emport\u00e9 en des zones de turbulences qui reviennent par vagues et appels d\u2019air avec cette pr\u00e9sence rappel\u00e9e \u00e0 tout bout de champ de l\u2019avion qui survole la maison et le terrain d\u2019enfance du protagoniste de l\u2019histoire qui nous est pr\u00e9sent\u00e9 et racont\u00e9 par un<em> tu <\/em>d\u2019interpellation que l\u2019auteur tient du d\u00e9but \u00e0 la fin du roman. Ainsi va-t-on le suivre dans son retour non calcul\u00e9 en la maison de la m\u00e8re, apr\u00e8s qu\u2019il aura \u00e9t\u00e9 mis sur la touche, vir\u00e9 comme un malpropre, en un petit quart d\u2019heure, de son entreprise. De cet \u00e9tat de sid\u00e9ration, de vide, va na\u00eetre, d\u00e8s les premi\u00e8res pages, le ressenti et l\u2019approche du h\u00e9ros qui s\u2019applique \u00e0 reprendre en main un lieu quasi abandonn\u00e9, des pi\u00e8ces surcharg\u00e9es, un jardin aux herbes folles avec sa gloriette ab\u00eem\u00e9e et un appentis en tout aussi mauvais \u00e9tat. De cette d\u00e9cision de venir vivre dans la maison \u00e0 l\u2019\u0153il de b\u0153uf qui fut la sienne jeune gar\u00e7on et aussi celle de Puck, le chat roux qui fut son compagnon, se tisse une atmosph\u00e8re d\u2019\u00e9tranget\u00e9 o\u00f9 le r\u00e9el le dispute aux brumes du r\u00eave sans que jamais le lecteur n\u2019\u00e9prouve la sensation d\u2019\u00eatre en demeure de deviner l\u00e0 o\u00f9 se situe l\u2019histoire cont\u00e9e, sans que jamais aussi l\u2019un l\u2019emporte sur l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab Le premier avion survole la maison avant le lever du jour et c\u2019est comme un soulagement\u2026 Non sans mal en t\u2019emp\u00eatrant dans les ronces, tu as pu atteindre l\u2019appentis et en sortir une brouette avec dedans un r\u00e2teau, cisailles et s\u00e9cateur. Le manque d\u2019habitude et d\u2019endurance t\u2019oblige \u00e0 de fr\u00e9quentes pauses&nbsp;: \u00e0 chaque chargement de d\u00e9chets mis en tas pr\u00e8s de l\u2019appentis, tu souffles un moment, assis sur un empilement de b\u00fbches. Lors d\u2019une de ces pauses, toi dos vo\u00fbt\u00e9, t\u00eate entre les paumes, un avion te survole juste \u00e0 l\u2019aplomb et tu imagines qu\u2019un des passagers, front coll\u00e9 au hublot, te voit dans le jardin \u00e0 peine plus gros qu\u2019un scarab\u00e9e. L\u2019image se prolonge dans ton esprit en te montrant renvers\u00e9 sur le dos, agitant bras et jambes en signe de d\u00e9tresse\u2026<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Serrant son propos sur le lieu de vie d\u2019une maison qui retrouve, apr\u00e8s la mort de la m\u00e8re en EPAHD, du moins le suppose-t-on, les souvenirs pour mieux s\u2019en d\u00e9faire, toutes ces choses-l\u00e0 qui restent sur les bras pour ceux qui survivent, le linge, les v\u00eatements, les photographies, les courriers, le violon cass\u00e9, les meubles\u2026 et desquelles il faut s\u2019all\u00e9ger et c\u2019est ce que fera le protagoniste de l\u2019histoire qui restera cantonn\u00e9 au <em>tu <\/em>qui le d\u00e9signe, en faisant appel \u00e0 une femme, forte de taille et de chair, originaire du B\u00e9nin, Ang\u00e9lique Mawol\u00e8, et \u00e0 un d\u00e9j\u00e0 vieil homme, Marcellin\/Marcel. L\u2019une prenant en main la maison, triant, regroupant, et d\u00e9barrassant la maison des oripeaux et du poids du pass\u00e9, l\u2019autre jardinant, d\u00e9sherbant, nettoyant la for\u00eat vierge du jardin<em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;\u00c0 l\u2019heure convenue, on toque \u00e0 la porte. Ang\u00e9lique Mawol\u00e8 fait son entr\u00e9e en crini\u00e8re v\u00eatue d\u2019une ample robe bigarr\u00e9e qui b\u00e2ille \u00e0 la poitrine et aux aisselles&nbsp;: elle ne t\u2019en para\u00eet que plus volumineuse. Tu la salues Madame elle rectifie Mademoiselle en \u00e9clatant de rire, puis te prie d\u2019user de son pr\u00e9nom, ce serait tellement plus simple. Quand tu lui montres la chambre de ta m\u00e8re en ouvrant au hasard quelques tiroirs et portes des armoires, commodes et autres meubles qui l\u2019encombrent, elle \u00e9met un long soupir, presque un sifflement, avant d\u2019en conclure que Rome ne s\u2019est pas faite en un jour. Tu la rassures, rien ne presse, un peu chaque semaine, l\u2019essentiel et de s\u2019y atteler, apr\u00e8s\u2026&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce trio constitu\u00e9 joignons une tr\u00e8s vieille femme, L\u00e9ontine, vigie lointaine des temps enfuis, du p\u00e8re de sang et du p\u00e8re nourricier, et d\u2019un pr\u00e9sent erratique autour d\u2019une vieille mare qui a eu son secret et en garde un nouveau. \u00c0 ce d\u00e9cor qu\u2019on pourrait croire champ\u00eatre vient se greffer la pr\u00e9sence constante des bruits d\u2019avion qui survolent l\u2019espace sacr\u00e9 du roman un peu comme le tatami d\u00e9limite l\u2019espace de jeu sur lequel seuls les codes ont droit de cit\u00e9. Et le roman de JFP s\u2019il r\u00e9pond \u00e0 la structure romanesque ne s\u2019affranchit pas moins de tout ce qui le ferait trop ais\u00e9ment reconna\u00eetre comme roman par les \u00e9l\u00e9ments multiples et divers que tout romancier sait mettre et en bouche et en lignes de mots.<\/p>\n\n\n\n<p>Pr\u00e9cisons que l\u2019auteur nous embarque dans sa vision onirique d\u2019une histoire qui m\u00eale le pass\u00e9 \u00e0 un pr\u00e9sent dont on sent bien qu\u2019il est \u00e0 lui seul porteur de tout ce qui est d\u00e9vastateur dans une petite vie d\u2019homme. Car c\u2019est de cela qu\u2019il s\u2019agit, comment conter la vie d\u2019un homme qui aura refus\u00e9 de grandir et en sa t\u00eate et en sa propre vie, soit un homme ligot\u00e9 par ses instincts de peur, de vide, de surveillance constante sur ce qu\u2019il fait ou ne fait pas, sous l\u2019\u0153il de son propre Ca\u00efn riv\u00e9 au hublot de l\u2019avion qui constamment semble devoir passer et repasser dans le couloir a\u00e9rien qui surplombe la maison familiale. Constante pr\u00e9sence des bruits qui interrogent et le lecteur et le protagoniste de l\u2019histoire jusqu\u2019\u00e0 cette nuit o\u00f9 la trag\u00e9die se noue, confrontant le fils de Madeleine Icart \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 sordide faite aux migrants, cauchemar d\u2019une nuit qu\u2019il transforme en d\u00e9lire, pour fuir toujours le r\u00e9el de sa vie.<\/p>\n\n\n\n<p>On ne peut en dire plus sans d\u00e9voiler ce qui fait l\u2019essence de l\u2019\u00e9criture, et souligner, la stylistique de la phrase qui est celle de JFP. Phrases courtes, \u00e9non\u00e7ant sobrement donnant ainsi au r\u00e9cit sa r\u00e9sonance int\u00e9rieure de sorte que les mots par l\u2019affinit\u00e9 m\u00eame dont ils sont porteurs pour dire les lieux, le d\u00e9cor, les personnages du roman, le pass\u00e9 encrou\u00e9 au pr\u00e9sent, nous deviennent familiers, dans un accompagnement fluide d\u2019une histoire qui se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 elle-m\u00eame en sa toute fin, comme si l\u2019auteur m\u00e9nageait en sa conscience sa claire volont\u00e9 de ne jamais obscurcir mais d\u00e9m\u00ealer, d\u00e9m\u00ealer, mettre \u00e0 part les menus d\u00e9tails du r\u00e9el pour atteindre \u00e0 l\u2019essentiel, sa facult\u00e9 \u00e0 partager cette histoire, sans autre ambition que celle d\u2019\u00eatre dans une proximit\u00e9 consentie. Avec cette mani\u00e8re-l\u00e0 de naviguer d\u2019un point \u00e0 un autre pour toujours revenir au n\u0153ud gordien de son affaire, celle qu\u2019il a d\u00e9cid\u00e9 de faire partager au lecteur qui consent toujours \u00e0 recevoir le drame d\u2019une histoire comme en \u00e9cho \u00e0 sa vie.<\/p>\n\n\n\n<p>De cet ajustement qui se fait entre \u00e9crivain et lecteur na\u00eet le champ des possibles que tout livre intelligent et sensible d\u00e9voile et c\u2019est dans ce d\u00e9voilement, dans cette fa\u00e7on d\u2019\u00e9crire l\u2019histoire en palpant puis d\u00e9nudant les sentiments du lecteur qui, s\u2019il se laisse faire ou se laisse d\u00e9river, n\u2019en est pas moins ma\u00eetre de sa lecture, de sa mani\u00e8re \u00e0 lui d\u2019interf\u00e9rer dans le cours de l\u2019histoire racont\u00e9e, par ses propres attentes et ses propres peurs mais aussi par son aptitude \u00e0 insuffler au r\u00e9cit sa propre cadence du r\u00e9el, sa respiration des mots lus, ses propres totems et ses propres grigris. Car il y a sans aucun doute, dans ce livre-l\u00e0, une histoire de grigris qui se d\u00e9robent et qui, de par une simple perle, ouvrent la coque d\u2019une destin\u00e9e, celle de notre h\u00e9ros, non pour \u00e9noncer son humanit\u00e9 mais pour cesser de la r\u00e9duire, pour que sa vie qu\u2019il aura de son seul fait, d\u00e9faite, vid\u00e9e de sa substance essentielle qui pourrait \u00eatre celle de rester debout, de combattre l\u2019adversit\u00e9, de cesser de s\u2019en tenir aux seuls al\u00e9as de l\u2019existence, redevienne le temps d\u2019une simple d\u00e9cision, un instant accompli.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Maintenant tu es assis \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de la v\u00e9randa et tu regardes les oiseaux qui vont viennent boivent et se baignent dans la vasque, parmi lesquels un rouge-gorge que tu crois reconna\u00eetre, dont tu voudrais penser qu\u2019il t\u2019a retrouv\u00e9, conscient en ton for int\u00e9rieur qu\u2019il n\u2019en est rien, que cela ne peut-\u00eatre&nbsp;. Toujours est-il, \u00e0 un certain moment, alors que \u00e7a bouge \u00e9clabousse et gazouille autour de lui, tu le vois se figer sur le bord de la vasque et tourner la t\u00eate vers toi, de cela tu es s\u00fbr, il te regarde et \u00e7a dure, un avion passe dont le vacarme ne l\u2019effarouche en rien, il te regarde, puis ouvre le bec et \u00e9met une s\u00e9rie d\u2019un m\u00eame son aigu et bref, comme un seul mot r\u00e9p\u00e9t\u00e9 \u00e0 ton adresse, peut-\u00eatre un simple merci pour l\u2019avoir nourri autrefois, peut-\u00eatre un autre message \u2013 l\u2019instant d\u2019apr\u00e8s, il a disparu&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Et que cet instant m\u00e8ne \u00e0 l\u2019ultime travers\u00e9e, au grand voyage, \u00e0 la l\u00e9thargie refuge, n\u2019en est pas moins embl\u00e9matique de ce que la vie au pr\u00e9alable aura tent\u00e9 de faire \u00e9chouer, finalement, en vain. Lorsque la peur s\u2019enfuit, que l\u2019homme diminu\u00e9 de lui-m\u00eame se convainc qu\u2019il peut atteindre \u00e0 sa libert\u00e9, reprendre confiance loin des fant\u00f4mes du pass\u00e9 et d\u2019un pr\u00e9sent irr\u00e9solu, alors peut advenir ce pour quoi nous naissons au monde, l\u2019intime conviction d\u2019\u00eatre pr\u00e9sents \u00e0 nous-m\u00eames, contre vents et mar\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette litt\u00e9rature de l\u2019intime, loin de toute esbroufe, atteint nomm\u00e9ment \u00e0 une v\u00e9rit\u00e9 profonde dont seuls, ceux qui gardent les yeux ouverts sur leur propre vie, sauront en sentir le souffle et l\u2019apaisement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Francis Vladimir<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><em><strong>D\u00e9rob\u00e9 \u00e0 la terre, Jacques-Fran\u00e7ois Piquet, B\u00e9r\u00e9nice \u00e9ditions nouvelles, juin 2026.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Comment s\u2019all\u00e9ger de ce qui nous plombe, a fini de nous plomber&nbsp;? La vie est courte et vacharde&nbsp;: ce qui nous tombe sur le dos peut nous \u00e9craser d\u2019un coup, sans pr\u00e9venir. On reste l\u00e0, ailes coup\u00e9es, dans un no mans land d\u00e9vast\u00e9, spatial et temporel, dont il faut bien s\u2019accommoder puisqu\u2019on n\u2019est pas tout \u00e0 fait mort. On se regarde regarder les choses comme d\u00e9doubl\u00e9, en exil de soi-m\u00eame. C\u2019est cela, ma vie&nbsp;? Ai-je vraiment v\u00e9cu, pauvre funambule condamn\u00e9 \u00e0 la chute&nbsp;? Tout est pass\u00e9 si vite&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>En attendant, il faut tout r\u00e9apprendre, r\u00e9apprivoiser, revisiter, reconstruire, charge insurmontable pour de si fr\u00eales \u00e9paules. \u00ab&nbsp;\u00c0 quoi bon&nbsp;pour le peu de temps qui reste&nbsp;?\u00bb Mais agir tient debout, dans une sorte d\u2019entra\u00eenement m\u00e9canique. D\u2019abord vider, d\u00e9sencombrer, faire place nette pour que se dessinent entre fant\u00f4mes et d\u00e9combres les lignes d\u2019un possible parcours. On fr\u00f4le souvent l\u2019ac\u00e9die et la parano\u00efa, \u00e9cartel\u00e9 entre les forces obscures qui nous tirent par les pieds et le d\u00e9sir d\u2019\u00e9vasion qui nous redresse la nuque, ce vieux r\u00eave de s\u2019envoler ailleurs, lib\u00e9r\u00e9 de la pesanteur des choses. Mais le sentiment de chute plombe tout \u00e0 nouveau, et dans son sillage la solitude, la peur d\u00e9l\u00e9t\u00e8re. N\u2019est pas oiseau qui veut.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans cet entredeux de d\u00e9r\u00e9liction qu\u2019est plong\u00e9 le personnage d\u00e8s le d\u00e9but du roman. Un personnage au nom pr\u00e9destin\u00e9 puisqu\u2019il se nomme Icart, fils d\u2019un p\u00e8re biologique r\u00e9pondant au nom ail\u00e9 de Jean Malloiseau. Beaucoup d\u2019oiseaux, de plume et de fer, traversent le r\u00e9cit. Du ciel ou de la terre, qui l\u2019emportera&nbsp;? Le dessous ou le dessus&nbsp;? La \u00ab&nbsp;mare sans nom&nbsp;\u00bb ou le couloir a\u00e9rien&nbsp;? Les lignes de fuite sont fragiles, les lois de la physique imparables.<\/p>\n\n\n\n<p>Jacques-Fran\u00e7ois Piquet nous livre ici un r\u00e9cit existentiel dont il a le secret, transfigurant la r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cue pr\u00e9sente et pass\u00e9e, si difficile soit-elle, en une exp\u00e9rience int\u00e9rieure \u00e0 la fois concr\u00e8te (l\u2019art de donner une mat\u00e9rialit\u00e9&nbsp;\u00e0 ce qui peinerait \u00e0 \u00eatre dit) et onirique, po\u00e9tique, avec sa part d\u2019\u00e9tranget\u00e9, de d\u00e9cal\u00e9, de fac\u00e9tie \u00e9galement. La r\u00e9alit\u00e9 ne d\u00e9passe-t-elle pas souvent la fiction&nbsp;? Le temps moqueur se rit de nous. Plusieurs \u00e9l\u00e9ments se r\u00e9pondent dans le roman, en \u00e9chos divers, dans une s\u00e9rie de mises en abyme, d\u2019o\u00f9 le trouble ressenti par le lecteur, de plus en plus fort au fil du r\u00e9cit. Jusqu\u2019au titre lui-m\u00eame, qui joue sur plusieurs sens. N\u2019a-t-on pas parfois l\u2019impression que la terre se d\u00e9robe sous ses pieds&nbsp;? \u00ab&nbsp;D\u00e9rober&nbsp;\u00bb n\u2019est-ce pas aussi voler&nbsp;? Ici la forme passive du verbe, plus rare, interroge&nbsp;: qu\u2019est-ce qu\u2019on m\u2019a fait&nbsp;? On m\u2019a d\u00e9rob\u00e9 \u00e0 la terre, je ne fais plus partie du monde des vivants. Est-ce que je vais m\u2019ancrer \u00e0 nouveau&nbsp;? Ou bien finir dans les limbes, \u00e9vapor\u00e9 en nuage ? Crash\u00e9 d\u2019un avion, pourquoi pas&nbsp;? Ne suis-je plus \u00e0 cette heure qu\u2019une \u00ab&nbsp;image d\u00e9rob\u00e9e&nbsp;\u00e0 la terre&nbsp;\u00bb ? Entre sens propre et sens figur\u00e9, transfigur\u00e9 pourrait-on dire, petit \u00e0 petit, tout devient flou, pass\u00e9 et pr\u00e9sent se confondent. Les redites essaient d\u2019ancrer les choses (nombreux rappels au chat Puck par exemple), en vain. Tout s\u2019embrouille, flotte et tourne dans un gris brouillard o\u00f9 l\u2019on a peine \u00e0 d\u00e9m\u00ealer les histoires des uns et des autres. \u00ab&nbsp;Tu dis n\u2019avoir rien vu, juste imagin\u00e9.&nbsp;\u00bb Qu\u2019est-ce qui a \u00e9t\u00e9 vraiment v\u00e9cu au bout du compte&nbsp;? Et par qui&nbsp;? \u00c0 quoi tient une vie&nbsp;? Quel poids prend-elle tout \u00e0 coup ?<\/p>\n\n\n\n<p>On repense alors au magnifique <em>Vers la mer<\/em> (\u00e9ditions Rhubarbe) o\u00f9 l\u2019auteur a racont\u00e9 en 2015 les onze jours d\u2019un dernier voyage v\u00e9cu avec son \u00e9pouse. Une autre travers\u00e9e de ce monde \u00e0 l\u2019autre. \u00ab&nbsp;D\u00e9rob\u00e9 \u00e0 la terre&nbsp;\u00bb ou comment sublimer la r\u00e9alit\u00e9 en un objet litt\u00e9raire qui touche le lecteur en plein c\u0153ur, le fait trembler sur ses bases. Entre le <em>Je <\/em>et le <em>tu<\/em>, se t\u00e9lescope l\u2019espace d\u2019une vie. Ce \u00ab&nbsp;tu&nbsp;\u00bb auquel s\u2019adresse tout au long du r\u00e9cit le narrateur (double par bien des aspects de l\u2019auteur), n\u2019est-ce pas moi&nbsp;aussi ? Maintenant, bient\u00f4t&nbsp;? Comment vivrai-je mon dernier envol&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Ce nouveau roman de Jacques-Fran\u00e7ois Piquet est un tour d\u2019illusion litt\u00e9raire \u00e9crit avec naturel et fluidit\u00e9 dans une s\u00e9rie de fondus encha\u00een\u00e9s entre pass\u00e9 et pr\u00e9sent o\u00f9 se d\u00e9tachent des sc\u00e8nes fortes comme autant d\u2019\u00eelots de survie. Du grand art de nouvelliste assur\u00e9ment. Une forme en soi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Marilyse Leroux<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>Lecture du jour : <em>D\u00e9rob\u00e9 \u00e0 la terre<\/em>, de mon ami&nbsp;Jacques-Fran\u00e7ois Piquet.<\/p>\n\n\n\n<p>(In a nutshell : c&rsquo;est vachement bien, allez le commander.)<\/p>\n\n\n\n<p>Ce roman que l&rsquo;on dirait \u00ab\u00a0moderne\u00a0\u00bb me semble repr\u00e9senter la quintessence du style de JFP : \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 de ces \u00e9crivains qui alambiquent et rebiquent, aimant manifestement trop se lire et relire, on y plonge avec plaisir dans des phrases-paragraphes qui filent comme des com\u00e8tes, o\u00f9 parfois syntaxe ponctuation on s&rsquo;en fout n&rsquo;ont d&rsquo;importance que pour ceux qui visent habit vert et immortalit\u00e9 fossilis\u00e9e. Le personnage pense et ressent, l&rsquo;\u00e9crivain transcrit. En ressort une sorte de contrepoint hypnotique, tambour rada frappant la cadence, parfois bruyant comme un r\u00e9acteur, parfois discret comme un chat. Roux, le chat.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n&rsquo;est pas du fantastique mais on s&rsquo;en approche. Ce n&rsquo;est pas de l&rsquo;absurde ni de l&rsquo;onirique \u00e0 proprement parler mais on n&rsquo;en est pas loin. C&rsquo;est de l&rsquo;\u00e9trange, de l&rsquo;\u00e9motion sur papier. Les sentiments qui animent le protagoniste sont universels, au point qu&rsquo;on les comprend et partage quand bien m\u00eame on ne les aurait encore jamais \u00e9prouv\u00e9s soi-m\u00eame. Sans \u00e2ge, sans vraiment de temporalit\u00e9, volontairement priv\u00e9 d&rsquo;espace, il a beaucoup v\u00e9cu et rien \u00e0 la fois, ou du moins pas assez. Comme vous et moi, en somme.<\/p>\n\n\n\n<p>Une confidence. Je n&rsquo;aime pas le roman contemporain. Vraiment, c&rsquo;est pas mon truc, et rares sont les autrices et auteurs qui parviennent \u00e0 m&rsquo;accrocher \u00e0 cet exercice de style. R\u00e9cemment il y a eu&nbsp;Alyss Haller&nbsp;avec son excellent et fort atypique <em>L&rsquo;Artiste<\/em>, et puis il y a Jacques-Fran\u00e7ois. Pas seulement ce nouvel opus, hein. Il y a la bibliographie de Jacques-Fran\u00e7ois Piquet. Un style ais\u00e9ment reconnaissable mais qu&rsquo;il parvient \u00e0 r\u00e9inventer \u00e0 chaque parution. Une fa\u00e7on subtile, presque pudique, de taper tout juste pile poil l\u00e0 o\u00f9 \u00e7a fait quelque chose. Parvenir sans peine \u00e0 convoquer le beau m\u00eame dans la laideur, l&rsquo;espoir dans la douleur. C&rsquo;est rare, c&rsquo;est fort, c&rsquo;est tr\u00e8s chouette et si vous \u00eates une grosse feignasse comme moi, bonus : \u00e7a se d\u00e9vore tr\u00e8s vite.<\/p>\n\n\n\n<p>Bon vol.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Julien Roturier<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>Il est possible que des lecteurs de cette chronique soient tent\u00e9s d\u2019en rester l\u00e0 si je commence par dire que ce nouveau roman de Jacques-Fran\u00e7ois Piquet dialogue en permanence avec ses livres pr\u00e9c\u00e9dents, approfondit des questions, aborde des th\u00e8mes d\u00e9j\u00e0 trait\u00e9s mais, comme l\u2019alpiniste, par une autre face, reconvoque des figures qui peuplaient d\u00e9j\u00e0 d\u2019autres r\u00e9cits. Quoi d\u2019\u00e9tonnant au fond ? Tout \u00e9crivain ne construit-il pas son \u0153uvre dans la dur\u00e9e, \u00e9levant son ch\u00e2teau sur des fondations d\u00e9j\u00e0 pos\u00e9es ? S\u2019agissant de Piquet, c\u2019est peut-\u00eatre d\u2019autant plus naturel qu\u2019il \u00e9crit justement sur la m\u00e9moire, l\u2019enfance, les silences du pass\u00e9 qui deviennent d\u00e9finitifs quand les acteurs et les t\u00e9moins disparaissent. Des bribes de vie jamais \u00e9lucid\u00e9es, dig\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant \u2013 je rattrape mon lecteur par la manche \u2013, ne pars pas tout de suite, au pr\u00e9texte que tu n\u2019as pas lu les livres pr\u00e9c\u00e9dents et que tu crains de ne rien y comprendre ! <em>D\u00e9rob\u00e9 \u00e0 la terre<\/em> est un roman qui se suffit \u00e0 lui-m\u00eame, autonome. C\u2019est m\u00eame une histoire, une intrigue oui, avec ce qu\u2019il faut de suspens pour qu\u2019on ait envie de savoir la suite (et, je divulg\u00e2che \u00e0 peine, on ne sera pas d\u00e9\u00e7u sinon tout \u00e0 fait \u00e9clair\u00e9, mais il faut bien une part de fin ouverte pour continuer \u00e0 ruminer sa lecture une fois la derni\u00e8re page tourn\u00e9e).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire justement. Un homme revient dans sa maison d\u2019enfance apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de sa m\u00e8re, pour estimer, remettre en \u00e9tat avant mise en vente. Mais ce qui ne devait \u00eatre qu\u2019une visite technique devient presque aussit\u00f4t un retour aux sources, la faute aux fant\u00f4mes qui r\u00f4dent l\u00e0, un chat roux, un enfant qui lit des livres au jardin, ombres fuyantes peut-\u00eatre r\u00eav\u00e9es. La faute aussi \u00e0 deux \u00e9l\u00e9ments factuels qui rendent la perspective de vente tr\u00e8s hypoth\u00e9tique : la maison et ses d\u00e9pendances, jardin, verger, v\u00e9randa, etc., est en mauvais \u00e9tat (sans compter qu\u2019elle n\u2019est pas vid\u00e9e de ses meubles, v\u00eatements dans les armoires et tout un fatras irr\u00e9cup\u00e9rable) ; et elle est sise, diraient les notaires, juste sous un couloir a\u00e9rien tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9 qui a d\u00e9valu\u00e9 tout le secteur, \u00e0 peu pr\u00e8s d\u00e9sert\u00e9 de ses habitants, de sorte qu\u2019elle n\u2019est pas la seule \u00e0 attendre un acheteur. L\u2019homme s\u2019installe donc, l\u2019histoire commence, voyage initiatique \u00e0 rebours, avec ses alli\u00e9s, un jardinier, une femme de m\u00e9nage embauch\u00e9s ad hoc, un cafetier, une vieille voisine \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, des oiseaux, et ses \u00e9preuves \u00e0 affronter. \u00ab Il te faudra tailler dans le vif pour retrouver la vue et la lumi\u00e8re. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Car oui, c\u2019est essentiel, tout le roman est \u00e9crit \u00e0 la deuxi\u00e8me personne du singulier. Quelqu\u2019un parle, le narrateur, l\u2019homme qui revient. Mais \u00e0 qui s\u2019adresse-t-il sinon \u00e0 lui-m\u00eame ? L\u2019enfant qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 et dont l\u2019image est floue (il ne se souvient pas des livres qu\u2019il trouve dans \u00ab sa \u00bb chambre, ne reconnait pas le costume bleu marine dans l\u2019armoire), celui qui a v\u00e9cu loin d\u2019ici une vie dont il se demande si elle a jamais exist\u00e9 ? Ce qui est troublant, c\u2019est que tr\u00e8s vite, un rafra\u00eechissement de l\u2019air y menant \u00ab tu as allum\u00e9 un feu dans la chemin\u00e9e et (\u2026) tu te sentais bien ici et \u00e0 l\u2019instant pr\u00e9sent. \u00c0 ta place. \u00bb Le pi\u00e8ge se refermait et le mot s\u2019impose, ironique et incertain dans le bruit assourdissant des envols : \u00ab Ta derni\u00e8re escale. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Je me garderai bien de trop en dire, de ce voyage immobile qui attend le narrateur. Je poserai simplement quelques indices. Ces avions qui sans cesse partent vers on ne sait o\u00f9, ont des passagers, mais c\u2019est toujours un passager unique qui les vaut tous et qui, par le hublot, regarde \u00e0 quelques dizaines de m\u00e8tres sous lui, l\u2019homme comme un insecte englu\u00e9 s\u2019escrimant \u00e0 d\u00e9fricher son jardin. Des bruits la nuit de quelque chose qui tombe, dont il semble qu\u2019il a paru urgent de s\u2019en d\u00e9barrasser. Une mare, \u00e9tendue d\u2019eau pesante et impassible qui d\u00e9tient la cl\u00e9 de l\u2019\u00e9nigme quand on en aura d\u00e9sentrav\u00e9 l\u2019acc\u00e8s. Et des regards qui de partout questionnent, soup\u00e7onnent, reprochent, \u00e0 moins qu\u2019on ne les imagine. L\u2019homme a-t-il bien toute sa raison ? N\u2019est-il pas emmur\u00e9 en lui-m\u00eame bien plus que retenu dans les murs de la maison ? Le r\u00e9cit avance \u00e0 t\u00e2tons dans ce <em>no man\u2019s land<\/em> inhabitable et pourtant matriciel, onirique, parabole peut-\u00eatre mais pour dire quoi ? Seul le chat roux pourrait r\u00e9pondre, s\u2019il se souciait d\u2019\u00e9clairer notre lanterne. La langue est finement stylis\u00e9e mais le vocabulaire est d\u2019une simplicit\u00e9 d\u00e9sarmante, presque suspecte, comme si les mots employ\u00e9s ne pouvaient pas simplement vouloir dire ce qu\u2019ils disent. Et le voyage, au bout du chemin, est celui d\u2019une vie, voire de plusieurs vies, celle qui fut v\u00e9cue et les autres, toutes celles qui auraient pu \u00eatre. Et aussi, toutes celles, innombrables, qui font le monde, bien r\u00e9el et insupportable, celui que peut-\u00eatre on a voulu fuir, ne pas voir, depuis le d\u00e9but. Ce roman est un formidable travail d\u2019orf\u00e8vre, avec le bruit des r\u00e9acteurs en guise de tic-tac lancinant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Alain Kewes<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai termin\u00e9 hier la lecture de <em>D\u00e9rob\u00e9 \u00e0 la terre<\/em>. J&rsquo;en suis ce matin encore tout impr\u00e9gn\u00e9e. On ne peut que se r\u00e9jouir que vous ayez repris la plume. Je ne sais pas qui est Francis Vladimir, mais je souscris \u00e0 sa \u00ab\u00a0critique\u00a0\u00bb. J&rsquo;ajouterai une chose :&nbsp; la finesse, l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance de l&rsquo;\u00e9criture, cette patte qu&rsquo;on retrouve dans chacun de vos ouvrages ( du moins, dans ceux que j&rsquo;ai lus, celui-ci \u00e9tant le huiti\u00e8me !).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Anne Chemarin<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>&#8230;merci pour ce <em>D\u00e9rob\u00e9 \u00e0 la terre<\/em> o\u00f9 tu fais une fois de plus montre de ton in\u00e9narrable talent pour nous raconter cette dr\u00f4le d&rsquo;histoire de solitude et de vide existentiel dans&nbsp;laquelle un rien devient tout, talent pour temp\u00e9rer la noirceur de la r\u00e9alit\u00e9 par le basculement dans le r\u00eave, pour encadrer la folie de Monsieur Icart par l&rsquo;humanit\u00e9 d&rsquo;Ang\u00e9lique et Marcellin, pour compenser le bruit des avions par l&rsquo;absence de conversations, pour rompre la monotonie de la pluie par la rousseur fac\u00e9tieuse de Puck-le-chat et le chant de tant de sortes d&rsquo;oiseaux.&nbsp;<br>Je suis frapp\u00e9e par la force du \u00ab tu \u00bb qui vaut \u00ab je \u00bb mais pas tout \u00e0 fait &#8211; en atteste la toute fin, que tu as choisie&nbsp;d\u00e9finitive.<br>Et puis, pour qui te conna\u00eet, il y a de toi, bien s\u00fbr, en filigrane, par touches, tout au long des pages et derri\u00e8re l&rsquo;\u0153il-de-b\u0153uf, mais jusqu&rsquo;\u00e0 quel point ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Jo\u00eblle Cuvilliez&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>Bonjour l&rsquo;ami, j&rsquo;ai donc lu ton livre <em>D\u00e9rob\u00e9 \u00e0 la terre<\/em> quasiment d&rsquo;une seule traite voulant conna\u00eetre le sort de ce monsieur Icart. Pris d&rsquo;une fr\u00e9n\u00e9sie de tao\u00efsme m\u00e9nager, r\u00e9percutant son vide int\u00e9rieur \u00e0 celui de de son int\u00e9rieur familial, nageant dans le flou d&rsquo;une banalit\u00e9 quotidienne ou de fantasmes personnels, on le suit dans sa destin\u00e9e aveugle jardini\u00e8re, sentimentale, introspective, nihiliste avec le sentiment qu&rsquo;il va se passer quelque chose pour le bousculer. Icart s&rsquo;est donc br\u00fbl\u00e9 les ailes \u00e0 vouloir une libert\u00e9 dont il lui semble qu&rsquo;il ne saura l&rsquo;utiliser pour ouvrir son monde. Ce m\u00e9lange d&rsquo;onirisme, de r\u00e9el, de brume, de suspens, donnent un livre qui continue sa vie&nbsp; en nous avec une belle \u00e9criture fluide. Tr\u00e8s tr\u00e8s beau livre ami Jacques-Fran\u00e7ois et merci de ce cadeau tomb\u00e9 du ciel&#8230; de la litt\u00e9rature.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Dominique Masse<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>Cher Jacques-Fran\u00e7ois,<br>Je viens de lire ton livre. Il est magnifique !<br>On est sous l\u2019emprise d&rsquo;un monde hors du monde, dans lequel on p\u00e9n\u00e8tre peu \u00e0 peu, vidant la maison originelle, d\u00e9broussaillant le jardin envahi par le pass\u00e9 avec ce personnage, homme et enfant, qui ne dit jamais je, mais se regarde vouloir vivre ou avoir v\u00e9cu.<br>Icart ne cesse de tomber, depuis l&rsquo;enfance, en v\u00e9lo, dans sa vie professionnelle, d&rsquo;un avion dont on doute qu&rsquo;il l&rsquo;ait jamais pris.<br>Tel l&rsquo;enfant Prince tomb\u00e9 de son r\u00eave dans la vie d\u2019Icart, lui aussi devient Prince, tombant dans le Sahara mythique de Saint-Exup\u00e9ry.<br>En faisant le vide du pass\u00e9, parvient-il \u00e0 remplir sa vie au pr\u00e9sent ?<br>Accompagn\u00e9 dans sa qu\u00eate de lui-m\u00eame par des \u00eatres intercesseurs, qu&rsquo;\u00e0 la fois il redoute et qui le prot\u00e8gent, et les oiseaux, qui paradoxalement, l&rsquo;ancrent \u00e0 la terre, au r\u00e9el et \u00e0 la vie. Lorsqu&rsquo;il les quitte pour les airs, il n&rsquo;appartient plus \u00e0 aucun monde, se perdant dans son r\u00eave qui explose dans la conjonction du pass\u00e9 et du pr\u00e9sent. Le monde continuera sans lui. Le monde continuera, sans nous.<br>L\u2019\u00e9criture nous r\u00e9v\u00e8le l\u2019\u00e9laboration d\u2019une conscience du temps, pass\u00e9 pr\u00e9sent, en une tension dramatique du r\u00e9el \u2013 ou de l\u2019apparence de r\u00e9el \u2013 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019apog\u00e9e onirique final.<br>Un livre qui fait exister. Je te remercie de m&rsquo;avoir permis d&rsquo;y laisser une trace.<\/p>\n\n\n\n<p>Tr\u00e8s amicalement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">\u00c9velyne Morin<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>Cher Jacques-Fran\u00e7ois,&nbsp;<br>Quel beau livre, quel personnage, quelle atmosph\u00e8re tr\u00e8s prenante, d\u00e8s les premi\u00e8res lignes&#8230; et tout au long !<br>Une esp\u00e8ce de brume au-dessus de cet Icart, tr\u00e8s attachant,&nbsp;avec son poids du pass\u00e9, son regard sur les choses&#8230;<br>Tr\u00e8s belle \u00e9criture, sobre, douce, profonde&#8230;&nbsp;<br>Le \u00ab tu \u00bb au lieu du \u00ab je \u00bb ou du \u00ab il \u00bb&#8230; \u00e7a coule si bien, comme un regard bienveillant, et ironique sur le personnage.&nbsp;<br>J&rsquo;ai tellement aim\u00e9 Ang\u00e9lique ! Et comme elle chahute, le bouscule&#8230;<br>Et les autres aussi, le fant\u00f4me du petit gar\u00e7on, le chat roux. La vieille dame, ce bon Marcellin&#8230;<br>Les avions &nbsp; que l&rsquo;on croit entendre en lisant.&nbsp;<br>Le trouble entre r\u00eave&nbsp; \/ cauchemar et r\u00e9alit\u00e9&nbsp; &#8211; ce qui place le lecteur en \u00e9trange position.&nbsp;<br>C&rsquo;est tr\u00e8s r\u00e9ussi. On sait ce qu&rsquo;il s&rsquo;est pass\u00e9 et on arrive \u00e0 croire qu\u2019il a oubli\u00e9, qu&rsquo;il n&rsquo;est pas s\u00fbr&#8230;&nbsp;<br>Une ambiance de myst\u00e8re, de m\u00e9taphore&#8230;<br>Une fin semi-ouverte &#8211; ou semi-ferm\u00e9e.<br>J&rsquo;aime imaginer Ang\u00e9lique le rejoignant au B\u00e9nin&#8230;<br>Ah oui, l&rsquo;histoire du fantasme du pilote qui l&rsquo;observe&#8230; dingue !<br>Je me suis dit que beaucoup de choses avaient d\u00fb te venir de fa\u00e7on intuitive, le langage de l&rsquo;inconscient,&nbsp;comme on dit&#8230; Et que tu avais d\u00fb te plaire \u00e0 cette \u00e9criture. Et \u00e7a, c&rsquo;est r\u00e9jouissant ! Bref, tu l&rsquo;as compris je pense, j&rsquo;ai beaucoup, beaucoup aim\u00e9 ton livre. Terrien, a\u00e9rien&#8230;&nbsp;<br>Bravo, je t&#8217;embrasse&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Isabelle Mini\u00e8re<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>J\u2019ai abord\u00e9 le dernier livre de Jacques-Fran\u00e7ois Piquet avec le m\u00eame plaisir que les pr\u00e9c\u00e9dents. Toujours cette \u00e9criture d\u00e9li\u00e9e, pr\u00e9cise, po\u00e9tique. Un homme se retrouve dans la maison de sa m\u00e8re sous la trajectoire des avions qui d\u00e9collent. Un pass\u00e9 douloureux, un pr\u00e9sent inexistant, aucune raison de penser au-del\u00e0. Il faut seulement vider la maison, retrouver le petit enfant au chat roux, effacer les d\u00e9mons, et puis un jour g\u00e9rer cette forme incertaine tomb\u00e9e du ciel\u2026 L\u2019histoire nous prend, le livre fonctionne de paragraphes en petits chapitres, la mare aux eaux noires nous inqui\u00e8te comme le personnage d\u2019Ang\u00e9lique. A-t-elle perc\u00e9 le secret de M. Icart ? La fin est surprenante\u2026 un tr\u00e8s beau livre !<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Yannick Le Marec<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>Cher Jacques-Fran\u00e7ois, je l\u2019ai d\u00e9vor\u00e9&nbsp;! EXCELLENT&nbsp;! Fallait oser revisiter le mythe d\u2019Icare de cette fa\u00e7on. J\u2019ai ador\u00e9. Je dig\u00e8re. Je le relis calmement et je reviens vers toi. Bravo&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Marc Roger<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>J\u2019ai d\u00e9couvert Jacques-Fran\u00e7ois Piquet par hasard ; un auteur parmi tant d\u2019autres, qui cherchent \u00e0 exister, par l\u2019\u00e9criture\u2026 D\u00e8s les premi\u00e8res pages du roman <em>D\u00e9rob\u00e9 \u00e0 la terre<\/em>, toutes mes r\u00e9serves se sont lev\u00e9es et c\u2019est avec une r\u00e9elle surprise que je d\u00e9couvre un auteur contemporain, \u00e0 l\u2019\u00e9criture limpide, puissante et \u00e9vocatrice. D\u2019embl\u00e9e me vient \u00e0 l\u2019esprit la m\u00eame surprise lorsque j\u2019avais lu <em>Les saisons<\/em> de Maurice Pons. La m\u00eame \u00e9motion, la m\u00eame envie aussi de lire encore. Ce roman sera une magnifique d\u00e9couverte de l\u2019an de gr\u00e2ce 2026. Les auteurs fran\u00e7ais, les vrais, existent&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Jean-Michel Platier<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>RomanPhoto de couverture : Nicolas de Sta\u00ebl, Ciel (1953, d\u00e9tail)B\u00e9r\u00e9nice \u00c9ditions Nouvelles 2026 Notes de lecture Cher Jacques-Fran\u00e7ois, Comme je te l\u2019\u00e9crivais, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/jfpiquet.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/928"}],"collection":[{"href":"https:\/\/jfpiquet.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/jfpiquet.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/jfpiquet.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/jfpiquet.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=928"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/jfpiquet.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/928\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":948,"href":"https:\/\/jfpiquet.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/928\/revisions\/948"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/jfpiquet.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=928"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}