{"id":742,"date":"2021-08-07T18:04:51","date_gmt":"2021-08-07T16:04:51","guid":{"rendered":"http:\/\/jfpiquet.com\/?page_id=742"},"modified":"2022-09-24T16:29:20","modified_gmt":"2022-09-24T14:29:20","slug":"une-photo-existe","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/jfpiquet.com\/?page_id=742","title":{"rendered":"Une photo existe"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00c9ditions Rhubarbe, septembre 2021.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9cits \/ Vies br\u00e8ves<\/p>\n\n\n\n<p>Couverture&nbsp;: <a href=\"https:\/\/jfpiquet.com\/?page_id=367&amp;\">Sabine Stellittano<\/a>, \u00e0 partir d\u2019un d\u00e9tail de son tableau <em>JF ou l\u2019invention de soi, <\/em>huile sur toile, 116 cm x 73 cm, 2021.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-style-default\"><figure class=\"aligncenter size-thumbnail\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"186\" height=\"300\" src=\"https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/une_photo-1-186x300.jpg\" alt=\"Couverture du livre &quot;Une photo existe&quot; par JF Piquet\" class=\"wp-image-759\" srcset=\"https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/une_photo-1-186x300.jpg 186w, https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/une_photo-1-373x600.jpg 373w, https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/une_photo-1-636x1024.jpg 636w, https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/une_photo-1-230x370.jpg 230w, https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/une_photo-1-350x564.jpg 350w, https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/une_photo-1-480x773.jpg 480w, https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/une_photo-1.jpg 760w\" sizes=\"(max-width: 186px) 100vw, 186px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p> <em>Quatri\u00e8me de couverture<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;J\u2019ai voulu dire en quelques feuillets la vie de ces hommes et femmes qui m\u2019ont fait, me constituent, aupr\u00e8s de qui j\u2019ai appris, me suis nourri, que j\u2019ai aim\u00e9s et parfois r\u00e9invent\u00e9s faute de les avoir mieux connus. Pour chacun\u00b7e une photo existe qui l\u2019ancre en un lieu et un moment donn\u00e9s&nbsp;: c\u2019est presque toujours moi qui l\u2019ai prise.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab Mon corps est fait du bruit des autres \u00bb, rarement la formule d\u2019Antoine Vitez aura \u00e9t\u00e9 si appropri\u00e9e pour d\u00e9crire un projet litt\u00e9raire. Ces dix et une Vies, tant\u00f4t bourdon sourd tant\u00f4t \u00e9clat de cuivres, composent le portrait en creux de celui qui les raconte. Mais on n\u2019oubliera pas que la vie \u00e9crite n\u2019est pas la vie m\u00eame, que la part d\u2019invention, de faux-semblants, est essentielle \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 litt\u00e9raire.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Ce qu&rsquo;en disent les premiers lecteurs<\/h2>\n\n\n\n<p>&nbsp;Ce livre est une grande r\u00e9ussite et Jacques-Fran\u00e7ois Piquet m\u00e9riterait une plus grande reconnaissance. Ce sont onze r\u00e9cits, onze vies sauv\u00e9es de l&rsquo;oubli, par la gr\u00e2ce d&rsquo;une \u00e9criture, par une photo aussi, puisque pour chacune, une photo existe. Des vies modestes, douloureuses, mais toujours fortes et dignes. Bien s\u00fbr on pense \u00e0 Pierre Michon. Une citation en exergue y fait ouvertement r\u00e9f\u00e9rence. Comme il disait \u00ab\u00a0parlant d&rsquo;eux, c&rsquo;est de moi que je parle\u00a0\u00bb, les r\u00e9cits de Piquet sont aussi explorations de lui-m\u00eame, tant nous sommes faits \u00ab\u00a0du bruit des autres\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire des rencontres, des regards \u00e9chang\u00e9s dans nos vies, des existences partag\u00e9es. Ce livre est superbe. <strong>Alain Girard-Daudon, <\/strong>ex-libraire \u00e0 Nantes, critique exigeant, pr\u00e9sident de la Maison de la Po\u00e9sie de Nantes.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ach\u00e8ve \u00e0 l&rsquo;instant Une photo existe et une fois de plus, je dois te dire tout le plaisir que j&rsquo;ai eu \u00e0 lire la vie de ces femmes et de ces hommes qui te constituent. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s, tr\u00e8s, tr\u00e8s \u00e9mue par l&rsquo;histoire g\u00e9n\u00e9alogique, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;histoire, de Jacques Kerval&#8230;&nbsp; Chapeau bas, camarade, c&rsquo;est un&nbsp;bel ouvrage, du bel ouvrage. Toujours cette \u00e9l\u00e9gance stylistique&nbsp;qui est ta marque de fabrique, cette capacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9crire le tragique avec une po\u00e9sie que j&rsquo;envie, j&rsquo;avoue. <strong>Jo\u00eblle Cuvilliez, <\/strong>\u00e9crivaine et journaliste.<\/p>\n\n\n\n<p>Une photo existe : LE DERNIER LIVRE&nbsp;de Jacques-Fran\u00e7ois ! Le sillon que tu traces est remarquable. L\u00e0, o\u00f9 certains ont besoin de centaines de pages pour r\u00e9soudre une vie, tu nous y plonges en seulement quelques pages d\u2019une \u00e9criture d\u00e9li\u00e9e, pr\u00e9cise \u00e0 croire que tu n\u2019inventes rien , alors qu\u2019une fois de plus, tu nous balades all\u00e9grement&nbsp;!!! Si une photo existe\u2026 alors, un \u00e9crivain existe&nbsp;! Grand merci, l\u2019Artiste. <strong>Marc Roger, <\/strong>\u00e9crivain et lecteur public.<\/p>\n\n\n\n<p>Cher Jacques-Fran\u00e7ois, Tu as \u00e9crit un superbe livre. Ces r\u00e9cits sortent de l\u2019obscurit\u00e9 des \u00eatres qu\u2019on n\u2019a pas su regarder, encore moins aimer. Des \u00eatres qui ont voulu vivre sans savoir comment il fallait faire. Une photo les fait exister, au sens \u00e9tymologique du terme, l\u2019\u00e9criture est \u00e0 la fois sobre et entra\u00eenante comme un courant, et parfois on peut s\u2019accrocher \u00e0 quelque branche ou \u00eatre de rencontre, parfois le courant est trop fort. Peu \u00e0 peu un roman s\u2019\u00e9crit, celui d\u2019une vie porteuse de tant d\u2019autres, qui ne savaient pas qu\u2019elles furent essentielles, qui en auraient \u00e9t\u00e9 diff\u00e9rentes peut-\u00eatre&nbsp;? Amiti\u00e9. <strong>Evelyne Morin, <\/strong>po\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s touch\u00e9e, \u00e9mue, par Une photo existe. C&rsquo;est un tr\u00e8s beau livre. Ce refrain de \u00ab\u00a0La photo existe\u00a0\u00bb est si juste, troublant, touchant. Litt\u00e9raire aussi, sans en avoir l&rsquo;air. Cette galerie de personnes \/ personnages est tr\u00e8s prenante. L&rsquo;impression de les avoir connus. J&rsquo;ai pens\u00e9 aux \u00ab\u00a0Vies minuscules\u00a0\u00bb de Michon. J&rsquo;aime cette plong\u00e9e dans des mondes int\u00e9rieurs, la vie des gens. Et ces fils qui se d\u00e9nouent, des liens entre les uns et les autres. J&rsquo;ai ressenti de l&#8217;empathie pour chacun, chacune, et m\u00eame de l&rsquo;affection. Simonne avec deux n, comme si je l&rsquo;avais connue&#8230; C&rsquo;est comme une reconnaissance que tu donnes \u00e0 chacune, chacun, leur vie reconnue. Merci pour ce tr\u00e8s beau livre. Tr\u00e8s jolie construction, suspens, tension, avec Jacques Kerval qui nous arrive \u00e0 la fin&#8230; comme un marin. Je suis aussi tr\u00e8s touch\u00e9e par la fin, comme si c&rsquo;\u00e9tait un peu un livre \u00ab\u00a0testamentaire\u00a0\u00bb, une trace que tu veux laisser.<strong> Isabelle Mini\u00e8re, <\/strong>\u00e9crivaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela fait d\u00e9j\u00e0 un moment que j\u2019ai lu&nbsp;<em>Une photo existe <\/em>et les circonstances ont fait que je ne t\u2019ai pas \u00e9crit plus t\u00f4t pour te dire comme j\u2019ai aim\u00e9, et admir\u00e9, ce livre. Tu as trouv\u00e9 une \u00ab&nbsp;place&nbsp;\u00bb (je n\u2019aime pas le mot) d\u2019o\u00f9 l\u2019\u00e9crire, remarquable, et qui d\u00e9livre \u00e0 la fois de \u00ab l\u2019autobiographie&nbsp;\u00bb et de la &nbsp;\u00ab&nbsp;biographie&nbsp;\u00bb, deux genres dont je me m\u00e9fie \u00e9norm\u00e9ment (comme \u00e9crit Pascal Quignard , <em>la vie n\u2019est pas une biographie). <\/em>Ces <em>vies br\u00e8ves&nbsp;<\/em>sont, elles, \u00e9minemment vivantes &#8211; et la bri\u00e8vet\u00e9 fait vibrer ces vies. (\u2026\/\u2026) Cette \u00ab&nbsp;place&nbsp;\u00bb que tu as prise dans l\u2019\u00e9criture de ce livre n\u2019est ni &nbsp;ext\u00e9rieure &nbsp;(comme celle du biographe qui \u00ab&nbsp;s\u2019empare&nbsp;\u00bb de son biograph\u00e9), ni faussement int\u00e9rieure comme peuvent trop souvent l\u2019\u00eatre les r\u00e9cits de vie de \u00ab&nbsp;mon p\u00e8re&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;ma m\u00e8re&nbsp;\u00bb etc. Merci de m\u2019avoir signal\u00e9 ton si beau livre (que j\u2019ai \u00e0 mon tour signal\u00e9 \u00e0 d\u2019autres personnes). <strong>Christiane Veschambre<\/strong>, \u00e9crivaine<\/p>\n\n\n\n<p>Cher Jacques-Fran\u00e7ois, j\u2019ai termin\u00e9 ton livre voici quelques jours et je le laissais reposer dans mon esprit avant de t\u2019en dire quelques mots et d\u2019abord mon plaisir de te lire, un plaisir ressenti pour la forme, l\u2019\u00e9criture m\u00eame si les histoires qui s\u2019y croisent sont souvent celles de destins douloureux. Il existe aussi d\u2019autres raisons de l\u2019avoir appr\u00e9ci\u00e9, (je passe sur le rapport \u00e0 Michon qui a \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9) la proximit\u00e9 parfois g\u00e9ographique de ces r\u00e9cits, ou bien chronologiques, celle de temps et de lieux que j\u2019ai pu fr\u00e9quenter, mais plus encore la finesse des observations puisqu\u2019\u00e9videmment ce sont des gens que tu as vus, c\u00f4toy\u00e9s, aim\u00e9s. Dans ces r\u00e9cits de vie de personnes dont certaines sont encore vivantes, il en existe de plus troublant et presque myst\u00e9rieux (Marie Doutreligne), \u00e9mouvant (Agnieszka Sorek et Marie-Anne Pluchart) mais ce qui se ressent avec force d\u2019un chapitre \u00e0 l\u2019autre c\u2019est surtout ta pr\u00e9sence, au-del\u00e0 du \u00ab&nbsp;je&nbsp;\u00bb que tu exhibes de temps en temps, une pr\u00e9sence physique ou virtuelle, aupr\u00e8s de ces femmes et hommes, et qui traverse, comme la photographie qui existe, tout le livre, le charpente, lui donne corps et vigueur comme il rend accessible ces personnes devenues des personnages &#8211; pour celles qui ont disparu avant tout &#8211; \u00e0 une forme de r\u00e9demption benjaminienne. Merci encore pour ce cadeau. <strong>Yannick Le Marec,<\/strong> \u00e9crivain et photographe<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;avais commenc\u00e9 2021 avec un Jacques-Fran\u00e7ois Piquet et je l&rsquo;ai termin\u00e9 de la m\u00eame fa\u00e7on&nbsp;: <em>Une photo existe<\/em> m&rsquo;a \u00e9mu, merci de cette chaleureuse attention (\u2026) Je l&rsquo;ai d\u00e9vor\u00e9 presque d&rsquo;une traite et sans vouloir trier le r\u00e9el de ce qui appartient \u00e0 la magie de l&rsquo;\u00e9criture, j&rsquo;ai tout de m\u00eame la sensation que ce fut un peu plus qu&rsquo;un \u00ab\u00a0projet litt\u00e9raire\u00a0\u00bb pour toi au final. Que je me trompe ou pas ne change pas grand-chose, ce livre est une r\u00e9ussite parce que je m&rsquo;y suis perdu au plus joli sens du terme. Il y a quelques \u00ab\u00a0photographi\u00e9(e)s\u00a0\u00bb que j&rsquo;aurais beaucoup aim\u00e9 rencontrer&#8230; Merci encore pour ce beau et bon moment de lecture !&nbsp;<strong>Antoine Duprez<\/strong>, po\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 impressionn\u00e9 dans ma lecture d&rsquo;<em>Une photo existe<\/em> par le travail d&rsquo;\u00e9crivain dont il t\u00e9moigne. Le projet est litt\u00e9raire, l&rsquo;\u00e9criture est parfaitement ma\u00eetris\u00e9e et \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de chaque histoire le r\u00e9cit est excellemment men\u00e9, avec des d\u00e9tails qui caract\u00e9risent une existence, et des acc\u00e9l\u00e9rations qui permettent&nbsp; d&rsquo;avancer, sans jamais le moindre ennui. Ce livre est tr\u00e8s r\u00e9ussi. <strong>Christian Bulting, <\/strong>po\u00e8te, \u00e9crivain.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce livre de Jacques-Fran\u00e7ois Piquet est particulier et \u00e9tonnant\u2026 comme \u00e0 chaque fois\u00a0! Au lieu d\u2019une seule histoire, il en propose onze\u00a0! <em>Dix et une<\/em> dit l\u2019auteur. Chacune peut se lire d\u2019une fa\u00e7on ind\u00e9pendante, en se fixant sur l\u2019\u00e9vocation d\u2019un personnage, alternativement un homme, une femme. Et c\u2019est l\u00e0 que la probl\u00e9matique du livre se met en place. S\u2019agit-il d\u2019une histoire\u00a0? S\u2019agit-il d\u2019une vie r\u00e9elle\u00a0? En quoi est-ce vrai\u00a0? En quoi est-ce romanc\u00e9\u00a0? Je dirai peu importe. On se laisse prendre dans chaque s\u00e9quence, <em>vies br\u00e8ves<\/em> est-il sous-titr\u00e9, comme dans une nouvelle autonome. Le lien commun est cet indice de v\u00e9rit\u00e9 qui donne le titre \u00e0 l\u2019ensemble\u00a0: \u00ab\u00a0une photo existe\u00a0\u00bb, qui tend \u00e0 accr\u00e9diter, \u00e0 affirmer la v\u00e9racit\u00e9 de chaque histoire. D\u2019autant que l\u2019auteur ajoute que c\u2019est lui, la plupart du temps qui l\u2019a prise cette photo, comme pour mieux en attester le fait. On pourrait donc conclure que tous ces r\u00e9cits parall\u00e8les sont parfaitement r\u00e9els et que l\u2019auteur n\u2019a fait que retracer des existences ayant eu lieu pour de bon. Et aussi que la onzi\u00e8me histoire qui boucle le volume et le referme en reprenant pas mal de fils d\u00e9j\u00e0 d\u00e9roul\u00e9s pr\u00e9c\u00e9demment, \u00e9voque la sienne propre. Mais cette derni\u00e8re s\u2019intitule comme les autres par le nom du h\u00e9ros et elle a pour titre\u00a0: Jacques Kerval. On retrouve bien en partie le pr\u00e9nom de l\u2019auteur mais c\u2019est l\u00e0 toute l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 de la cr\u00e9ation qui resurgit. On n\u2019est pas dans l\u2019autobiographie pure mais dans ce m\u00e9lange de fiction o\u00f9 la vie s\u2019arrange avec l\u2019imagination et les possibles narratifs. Les diff\u00e9rents portraits se resserrent, se rejoignent et se ressoudent. Le personnage central s\u2019explique, s\u2019\u00e9claire \u00e0 la lumi\u00e8re de toutes ces histoires o\u00f9 les points saillants seraient chez les proches, entre famille et amiti\u00e9, l\u2019art et la cr\u00e9ation, la folie et l\u2019amour sensuel ou filial aussi bien dans le d\u00e9sir assouvi que dans le rejet. Jacques-Fran\u00e7ois Piquet avait certainement besoin de reconstituer toutes les pistes qui l\u2019ont men\u00e9 l\u00e0 o\u00f9 il est aujourd\u2019hui, et en priorit\u00e9 celles de ses parents et les p\u00e9nombres \u00e9ventuelles de son ascendance. On peut prendre comme de francs aveux quelques confidences finales du h\u00e9ros quand il parle de <em>sensation d\u2019\u00eatre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 ou en marge ou hors-jeu<\/em>, et de manque de reconnaissance de l\u2019\u00e9crivain en ce qui concerne sa production litt\u00e9raire. \u00c9galement que ce dix-septi\u00e8me opus sera peut-\u00eatre son dernier livre. Ce qu\u2019on ne croit gu\u00e8re, puisque toutes ces vies, ces histoires (aussi bien dans le temps chronologique que par l\u2019\u00e9criture), ces r\u00e9cits d\u00e9montrent le sens de l\u2019invention, le penchant vers la l\u00e9gende et le pouvoir de raconter que poss\u00e8de l\u2019auteur et qu\u2019il n\u2019est pas concevable qu\u2019il l\u2019abandonne tout \u00e0 fait, f\u00fbt-il retrait\u00e9 \u00e0 pr\u00e9sent. <strong>Jacmo, po\u00e8te, dans la revueD\u00e9charge, novembre 2021<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>\u2026 <strong>tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas \u00e9tait \u00e9crit l\u00e0-haut<\/strong>&#8230; ( J<em>acques le fataliste \u2013 Denis Diderot )<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Onze portraits. Autant d&rsquo;aquarelles qui teintent le recueil de Jacques-Francois Piquet d&rsquo;une couleur s\u00e9pia de celle qu&rsquo;on voit appara\u00eetre dans un film lorsque le souvenir se r\u00e9introduit dans une pi\u00e8ce \u00e9trangement silencieuse pour en r\u00e9veiller la vigueur d&rsquo;antan. Un film \u00e0 la Ettore Scola, &#8211; <em>una jornada particolare<\/em> &#8211; tout en sobri\u00e9t\u00e9 et en pudeur. O\u00f9 tout vit pour mieux s&rsquo;estomper. Ici ce sont des photographies qui s&rsquo;ins\u00e8rent, en tr\u00e8s courts instants, dans la trame fil\u00e9e autour des personnages du r\u00e9cit. Succession de br\u00e8ves o\u00f9 en une vingtaine de pages tout est dit de la vie, des attentes, et des engloutissements. Aucune chute autre que la mort ou l&rsquo;attente, \u00e0 l&rsquo;exception de la derni\u00e8re,&nbsp; avec en prime le souvenir que le narrateur r\u00e9active, \u00e0 charge et \u00e0 d\u00e9charge, pour retracer la silhouette, les rencontres, l&rsquo;itin\u00e9rance, la fin. Chacun des onze personnages se donne \u00e0 lire en des temps troubl\u00e9s, de la grande guerre pour le p\u00e8re <em>Kerval<\/em>, au temps d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, pour son fils putatif <em>Jacques<\/em>. La plupart ne sont plus. Reste le&nbsp; t\u00e9moignage par les mots.<\/p>\n\n\n\n<p>Jacques-Fran\u00e7ois Piquet travaille la langue. Justesse&nbsp; au cordeau. Subtil \u00e9quilibre entre l&rsquo;\u00e9criture et la port\u00e9e du dire. Machiav\u00e9lisme des temps, quand les maux du XX\u00e8me affleurent et d\u00e9vastent et que l&rsquo;auteur s&rsquo;essaye \u00e0 subvertir. Totale r\u00e9ussite. L&rsquo;\u00e9crivain J-FP, d\u00e8s lors qu&rsquo;il ouvre chacun des r\u00e9cits, serre au plus pr\u00e8s ses personnages. Il les campe avec sobri\u00e9t\u00e9, une \u00e9conomie de moyens qui fait&nbsp; l&rsquo;\u00e9toffe de son \u00e9criture. Il \u00e9crit du bout des l\u00e8vres, avec sa voix d&rsquo;\u00e9crivain, des mots porteurs des silences, des douleurs, des esp\u00e9rances mortes-n\u00e9es, pour ne pas d\u00e9ranger plus qu&rsquo;il ne faut. Dire le peu de l&rsquo;histoire, les bribes qui en font le tout. Dans les mailles du filet nous sommes pris, enserr\u00e9s, \u00e0 notre tour, mine de rien. Avec peu, quotidien envelopp\u00e9 des brumes de la r\u00e9miniscence, l&rsquo;auteur construit nos \u00e9motions, une proximit\u00e9 dont on peine \u00e0 se d\u00e9faire, le livre referm\u00e9. Ces \u00eatres, de chair et de lumi\u00e8re \u00e9teintes, deviennent de vieilles connaissances, m\u00e9connues trop longtemps. Par le d\u00e9sir de litt\u00e9rature J-FP les met sous le projecteur de leur propre histoire et de notre lecture. \u00c9clairage tamis\u00e9, toutefois, car l&rsquo;auteur s&#8217;emploie avec d\u00e9licatesse, tendresse, regret, \u00e0 att\u00e9nuer toute violence crue, non pour la proscrire, la tenir \u00e0 distance, mais parce qu&rsquo;il l&rsquo;inscrit dans le passage du temps qui, du temps pass\u00e9 mis sous le tapis, le temps oubli\u00e9, deviendra le temps retrouv\u00e9 du livre et des lecteurs. Regard o\u00f9 l&rsquo;acuit\u00e9 et la finesse humaines retranscrivent les lignes de force de ces existences banales, transparentes, apeur\u00e9es, fractur\u00e9es, parce que ces \u00eatres appartiennent au nombre de ceux qui, au d\u00e9part, avaient des raisons de refuser la vie. Des \u00eatres en dedans d&rsquo;eux-m\u00eames avec leur violence int\u00e9rieure ( <em>le p\u00e8re Kerval, Aristide Mozac)<\/em> , bless\u00e9s d\u00e8s l&rsquo;abord et \u00e0 l&rsquo;origine, par manque, indiff\u00e9rence ou diff\u00e9rence, folie apparente, cach\u00e9e ( <em>Marie Doutreligne, Lise Wanaverbecque)<\/em>, l&rsquo;innocence et la honte ( <em>Marie-Anne Pluchard<\/em>)&nbsp; mais aussi par vis\u00e9e et r\u00e9demption artistique (<em> Serge d&rsquo; Ormoy, John<\/em> <em>Carmicha\u00ebl, <\/em>le faire \u0153uvre titanesqueet d&rsquo;identification <em>d&rsquo;Aristide Mozac<\/em>), par effacement de soi et au monde, le vide ( <em>Agnieszka Sorek, Simonne<\/em> <em>Manier<\/em>), l&rsquo;obsession (<em> Daniel Baumann)<\/em>. La blessure de vie, morsure inflig\u00e9e \u00e0 la naissance, avec laquelle il faut faire et se d\u00e9battre, l&rsquo;objet de chacune de ces vies,&nbsp; marqueur du livre, sur lesquelles, la destin\u00e9e op\u00e8re au travers des pages, rarement pour le meilleur, souvent pour le pire, peu soucieuse de r\u00e9\u00e9quilibrer la balance pour les moins nantis.<\/p>\n\n\n\n<p>De br\u00e8ve en br\u00e8ve, le livre de J-FP, \u00e9tablit et met \u00e0 jour les filiations, les amiti\u00e9s, les correspondances ( l&rsquo;incendie, <em>Marie<\/em> <em>Doutreligne et Aristide Mozac<\/em>),&nbsp; les ruptures <em>(Simonne<\/em> <em>Manier)<\/em> , le secret et le tabou de la naissance <em>(Marie-Anne Pluchard, Jacques Kerval<\/em>), le traumatisme et le fardeau de la guerre, la solitude, la condition humaine, l&rsquo;ennui, la maladie, la vieillesse, le naufrage, les illusions perdues, le vestige et le vertige des jours, sans lesquels nous ne saurions reconna\u00eetre ce que le livre est. Le recueil d&rsquo;une reconnaissance partag\u00e9e avec ceux qui s&rsquo;en sont all\u00e9s. Par leur pr\u00e9sence devenue intemporelle, ils inscrivent l&rsquo;incessante veille des mots par laquelle l&rsquo;auteur paye son \u00e9cot d&rsquo;octroi. Livre de l&rsquo;auteur-narrateur, pr\u00eate-nom, <em>Jacques Kerval<\/em> qui, r\u00e9cit apr\u00e8s r\u00e9cit, d\u00e9vide son \u00e9cheveau de promeneur solitaire dans les m\u00e9andres des folies douces, \u00e2pres, terribles de ces \u00eatres de chair et de papier. Il fait entendre le d\u00e9clic photographique d&rsquo;o\u00f9 r\u00e9apparaissent figures et lieux hant\u00e9s des disparus. Souvenirs vrais ou imaginaires, pour dire des vies, l&rsquo;une apr\u00e8s l&rsquo;autre, que Maupassant aurait fait siennes. C&rsquo;est dire la force t\u00eatue de l&rsquo;entreprise, fr\u00eale en apparence, aboutie par le sens. Car J-F P ne l\u00e2che rien de ce qui r\u00e9sisterait au r\u00e9cit pour que les mots, en filigrane, soutiennent la volont\u00e9, le pouvoir d&rsquo;\u00e9vocation. Catharsis \u00e0 peine voil\u00e9e ponctu\u00e9e d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments biographiques,&nbsp; c\u00e9r\u00e9monie de la litt\u00e9rature qui n&rsquo;encense rien ni personne, d\u00e9nouant la douleur, revenant \u00e0 mots compt\u00e9s, avec lucidit\u00e9 d\u00e9nu\u00e9e d&rsquo;amertume, s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 adulte sur ce que ces existences d&rsquo;hommes et de femmes auraient pu \u00eatre si l&rsquo;\u00e9poque qui fut la leur ne les avait, au final, d\u00e9pos\u00e9s pour les uns, d\u00e9vor\u00e9s et br\u00fbl\u00e9s pour les autres . Pour nombre d&rsquo;entre eux,&nbsp; c&rsquo;est le rapt de leur existence&nbsp;, &#8211; de ce qu&rsquo;elle e\u00fbt m\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre -, qui est donn\u00e9 en des pages, o\u00f9 l&rsquo;absence et le retrait au monde se lit en pointill\u00e9, loin des tumultes et d\u00e9sordres du monde, assignant de mani\u00e8re apais\u00e9e, \u00e0 l&rsquo;\u00e9crivain, sa libert\u00e9 et sa place, les raisons de croire en lui.&nbsp;&nbsp;<strong>Francis Vladimir, po\u00e8te, <\/strong>&nbsp;dans <strong>le Passe-Muraille, revue litt\u00e9raire de Lausanne.&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9ditions Rhubarbe, septembre 2021. 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