{"id":241,"date":"2020-01-11T15:56:56","date_gmt":"2020-01-11T14:56:56","guid":{"rendered":"http:\/\/jfpiquet.com\/?page_id=241"},"modified":"2020-01-11T16:01:04","modified_gmt":"2020-01-11T15:01:04","slug":"noms-de-nantes","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/jfpiquet.com\/?page_id=241","title":{"rendered":"Noms de Nantes"},"content":{"rendered":"\n<p>Postface de Fran\u00e7ois Bon,<br>\u00c9ditions Joca Seria, 2002. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"300\" height=\"210\" src=\"https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/nantes-300x210.jpg\" alt=\"Couverture de &quot;Noms de Nantes&quot;\" class=\"wp-image-245\" srcset=\"https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/nantes-300x210.jpg 300w, https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/nantes.jpg 634w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><em>Extraits<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>La Piloti\u00e8re<\/em><br>\u00ab&nbsp;C\u2019est ici que tout a commenc\u00e9, du moins pour ce qui te concerne, dans ce quartier p\u00e9riph\u00e9rique coinc\u00e9 entre usine et jardins mara\u00eechers, rencogn\u00e9 entre rails et nationale, fuyant qui vers le Nord, Ch\u00e2teaubriant, la campagne ex\u00e9cr\u00e9e des dimanches, qui vers l\u2019Est, Paris, la ville capitale, seule \u00e9chapp\u00e9e quand on n\u2019est pas marin.<\/p>\n\n\n\n<p>Les noms des quelques art\u00e8res qui l\u2019oxyg\u00e8nent &#8211; \u00e0 peine une dizaine &#8211; se voulaient peut-\u00eatre hommage aux sacrifi\u00e9s de la Grande, poilus ensevelis p\u00eale-m\u00eale dans la boue des champs d\u2019horreur, morts pour qu\u2019une administration puisse un jour d\u00e9cr\u00e9ter sans rougir que telle rue d\u2019ici se nommerait \u00ab&nbsp;de Metz&nbsp;\u00bb, telle autre \u00ab&nbsp;de Toul&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;de Nancy&nbsp;\u00bb, la tienne, celle o\u00f9 tu es n\u00e9 \u00ab&nbsp;de Thann&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ni cossues, ni coquettes, la plupart des habitations montraient peu en fa\u00e7ade, au mieux un jardinet fleuri sans go\u00fbt, entretenu sans ostentation, tandis qu\u2019\u00e0 l\u2019arri\u00e8re, \u00e0 l\u2019abri des regards, sit\u00f4t franchi un couloir lat\u00e9ral \u00e0 haute porte verrouill\u00e9e, un potager soign\u00e9, souvent jouxt\u00e9 d\u2019un poulailler, voire de clapiers : les souvenirs de faim sont tenaces, le temps du rationnement \u00e0 peine r\u00e9volu, sans oublier, ancr\u00e9e au plus profond de ces petites gens besogneuses, ouvriers fils de paysans, commis corv\u00e9ables, bonnes \u00e0 tout faire, eux-m\u00eames descendants de serfs, la crainte obsessionnelle du manque.<br><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><em>La Joneli\u00e8re<\/em><br>\u00ab\u00a0Vous aviez march\u00e9 le long de la voie ferr\u00e9e jusqu\u2019au pont qui d\u2019une enjamb\u00e9e traverse l\u2019Erdre ;<br>\u00e0 la berge nord o\u00f9 autrefois les guinguettes, d\u00e9sormais un bistrot de p\u00eacheurs, vous aviez pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 l\u2019autre rive, plus tranquille, encore sauvage, d\u00e9couvert une crique de verdure \u00e0 l\u2019ombre d\u2019un vieil arbre dont les racines serpentaient jusqu\u2019\u00e0 la rivi\u00e8re ;<br>qui le premier &#8211; Anne ou toi &#8211; prit la main de l\u2019autre tandis qu\u2019au loin passaient repassaient des voiliers aux allures de jouets, que des cris d\u2019enfants r\u00e9sonnaient en \u00e9cho sous la vo\u00fbte du pont ;<br>qui le premier, prenant Eluard \u00e0 contre chagrin, aurait pu le soir pr\u00e9dire sur la premi\u00e8re page d\u2019un cahier : Treize avril mil neuf cent soixante et onze, nous vieillirons ensemble.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><em>Coupures de presse<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0\u2026ces textes s&rsquo;enracinent dans une veine authentique. D&rsquo;abord parce que chacun est nomm\u00e9, d&rsquo;une rue de Nantes, nom propre, ind\u00e9niable. Ensuite parce que, de la pr\u00e9histoire parentale au d\u00e9part \u00e0 vingt ans et quelque, ils inscrivent, fixent les moments d&rsquo;une vie dans ces espaces, rues, places, convoqu\u00e9s moins pour attester la v\u00e9rit\u00e9 de faits \u00e9vanouis, que pour les r\u00e9v\u00e9ler, au sens photographique du terme, comme si les cinquante-trois lieux nomm\u00e9s avaient en charge de nommer celui qui les a travers\u00e9s, de lui conf\u00e9rer une identit\u00e9 que la syntaxe met d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment \u00e0 distance par le \u00ab\u00a0tu\u00a0\u00bb de la deuxi\u00e8me personne. C\u2019est bien de cela qu\u2019il s\u2019agit\u00a0: dire le tu, le cel\u00e9, dire ce qui n\u2019est plus, qui s\u2019\u00e9chappe (la vie, la mort, les am\u00e9nagements urbains, sont pass\u00e9s par l\u00e0). Peu \u00e0 peu, par cristallisation, se mat\u00e9rialise un \u00eatre, une histoire unique, du s\u00e9pia des premi\u00e8res ann\u00e9es au mauve Katmandou en passant par le rouge Sorbonne. Chacun y lira, dit encore Fran\u00e7ois Bon, \u00ab\u00a0ce qu\u2019on ne sait pas de soi, et que tout livre, s\u2019il est bon, vous r\u00e9apprend \u00e0 savoir\u00a0\u00bb.<br>Alain KEWES<br>Revue\u00a0<em>D\u00e9charge<\/em>\u00a0n\u00b0 113.<br><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Jacques-Fran\u00e7ois Piquet se prom\u00e8ne, avec ses Noms de Nantes, \u00e0 travers les rues et les places de cette ville qui lui \u00e9voquent des souvenirs t\u00e9nus, presque impalpables. Le voyage dans cette g\u00e9ographie int\u00e9rieure est envo\u00fbtant car le lecteur peut toujours, en \u00e9cho, se laisser aller \u00e0 ses propres r\u00eaveries. (\u2026) Ce tr\u00e8s beau r\u00e9cit, \u00e9crit dans une langue limpide, est compl\u00e9t\u00e9 par une postface de Fran\u00e7ois Bon.\u00a0\u00bb<br>No\u00eblle M\u00c9NARD<br><em>Encres de Loire<\/em>, mars 2002.<br><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0\u2026 Les villes changeraient d&rsquo;apparence et de r\u00e9alit\u00e9 si on les s\u00e9parait de certains livres qu&rsquo;elles ont suscit\u00e9s et dont elles sont, en quelque mani\u00e8re, les coauteurs. Ainsi de Nantes et de l&rsquo;ouvrage silencieux et justement mesur\u00e9 de Jacques-Fran\u00e7ois Piquet. (\u2026)\u00a0\u00bb<br>Patrick K\u00c9CHICHIAN<br><em>Le Monde des livres<\/em>, 2 avril 2002.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0\u00ab\u00a0La forme d&rsquo;une ville change plus vite que le c\u0153ur des humains\u00a0\u00bb, disait en substance Julien Gracq dans le livre qu&rsquo;il consacra \u00e0 Nantes, La forme d&rsquo;une ville. C&rsquo;est aussi cette forme, les formes de cette ville-corps que Jacques-Fran\u00e7ois Piquet veut approcher ici. Il trace, d&rsquo;un point \u00e0 l&rsquo;autre, d&rsquo;un nom \u00e0 l&rsquo;autre, les points cardinaux d&rsquo;un temps retrouv\u00e9. \u00bb<br>Isabelle ROCHE<br>Lelibraire.com, mars 2002.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0\u2026 En publiant\u00a0<em>Noms de Nantes<\/em>, Jacques-Fran\u00e7ois Piquet se savait attendu au tournant. Il rel\u00e8ve le d\u00e9fi \u00e0 sa mani\u00e8re : modeste, attachante et appliqu\u00e9e. Les cinquante-trois fragments qui composent son petit livre sont autant d&rsquo;\u00e9pisodes attendus du r\u00e9cit d&rsquo;enfance mais aussi, et l\u00e0 est leur force, cinquante trois tentatives pour explorer le territoire litt\u00e9raire contenu dans chaque nom de rue. (\u2026) \u00bb<br>Philippe PERRIER<br>magazine\u00a0<em>Lire<\/em>, mai 2002.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0\u2026ce sont bien ses souvenirs d&rsquo;enfance qu&rsquo;\u00e9voque, \u00e0 la deuxi\u00e8me personne du singulier, JFP dans les 53 fragments de ces noms de Nantes qu&rsquo;il \u00e9gr\u00e8ne tel un Petit Poucet ses cailloux. Comme il a grandi dans un quartier coinc\u00e9 entre usine et jardins mara\u00eechers, son inventaire n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec la cit\u00e9 c\u00e9l\u00e9br\u00e9e par les surr\u00e9alistes\u2026 \u00bb<br>Isabelle MARTIN<br><em>Le Temps des Livres<\/em>, Gen\u00e8ve, 30 mars 2002.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Il y a l\u00e0 tout un petit monde d\u00e9crit dans un style bien particulier, impressionniste en quelque sorte. JFP semble soliloquer et il a su fort bien faire entendre sa voix, jouant \u00e0 la fois de la ponctuation et du ton, pour r\u00e9aliser une chronique provinciale tr\u00e8s originale.\u00a0\u00bb<br>Yves LOISEL<br><em>Le T\u00e9l\u00e9gramme<\/em>, 6 mars 2002.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0On parle souvent des lieux de m\u00e9moire, en oubliant parfois que chaque lieu a sa m\u00e9moire et que dans chaque lieu, il y a de la m\u00e9moire qui s&rsquo;accumule, m\u00e9moire de celles et de ceux qui ont v\u00e9cu, ceux qui sont pass\u00e9s ou qui ont r\u00eav\u00e9 \u00e0 ces lieux. C&rsquo;est \u00e0 travers diff\u00e9rents lieux de sa ville natale que JFP recompose sa m\u00e9moire d&rsquo;enfant et d&rsquo;adolescent.\u00a0\u00bb<br>Arnaud LAPORTE<br>France Culture,\u00a0<em>Multipistes<\/em>, 21 mars 2002.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0\u2026les \u00e9critures inventives (celles qui ne se veulent pas, mais sont v\u00e9ritablement litt\u00e9raires) n&rsquo;ont de cesse de chercher de nouveaux passages vers les intimit\u00e9s fraternelles des lecteurs. JFP, pour ce faire, a choisi de passer par des noms (\u2026) d&rsquo;une ville qui est la sienne et qui l&rsquo;a vu grandir : Nantes. (\u2026) Les distances ici ne sont jamais que celles du temps, le vrai h\u00e9ros faufil\u00e9 entre les lignes, entre les noms.\u00a0\u00bb<br>Michel BAGLIN<br><em>Br\u00e8ves<\/em>\u00a0n\u00b0 65.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0\u2026parce que JFP a travaill\u00e9 ces fragments comme de la po\u00e9sie, avec le souci du rythme et de la musique, le lecteur met ses pas dans les siens, qu&rsquo;il connaisse ou non le d\u00e9dale de Nantes. De telle sorte qu&rsquo;il s&rsquo;identifie \u00e0 ce gar\u00e7on, qui devient son double, son fr\u00e8re, dans cette recherche du temps perdu, des \u00e9motions envol\u00e9es, des sentiments toujours vivant dans le c\u0153ur.\u00a0\u00bb<br>Alain-Pierre DAGUIN<br><em>Presse-Oc\u00e9an<\/em>, 28 mai 2002.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0L&rsquo;intimit\u00e9 entre un homme et sa ville. (\u2026) Jacques-Fran\u00e7ois Piquet sait tout de la cruaut\u00e9 et de la pudeur. Chaque ville est faite de strates de m\u00e9moire, de litt\u00e9rature, d&rsquo;histoire. Et l&rsquo;auteur n&rsquo;\u00e9crit pas innocemment son Nantes\u2026\u00a0\u00bb<br>Laure NAIMSKI<br><em>Nantes Passion<\/em>, f\u00e9vrier 2004.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Images, lambeaux de vies, morceaux de pens\u00e9e, \u00e9criture po\u00e9tique et forte. De la belle ouvrage. A lire et \u00e0 garder dans l&rsquo;album de m\u00e9moires. Absolument.\u00a0\u00bb<br>Jocelyne SAUVARD<br><em>Encres vagabondes<\/em>n\u00b0 27.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0(\u2026) Autobiographie qui est aussi, par la gr\u00e2ce de cette reconstruction, par l&rsquo;interm\u00e9diaire des lieux et des noms, litt\u00e9rature. Et c&rsquo;est l\u00e0 que ce livre nous touche, car le lecteur, par sa lecture des Noms de Nantes, peut aussi rechercher ce qui reste enfoui de son enfance et de son adolescence.\u00a0\u00bb<br>Thierry PAQUOT<br>revue\u00a0<em>Urbanisme<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0\u2026objet litt\u00e9raire \u00e0 la beaut\u00e9 fragile\u2026 (\u2026) \u2026 Dans le fragment et l&rsquo;\u00e9pure, le livre trouve sa respiration, sa distance, sa v\u00e9rit\u00e9 litt\u00e9raire. De m\u00eame, au carrefour des exp\u00e9riences de Perec et de la tectonique mentale de Gracq, g\u00e9ographe des strates, il suit un chemin priv\u00e9 \u00e0 partager, avec ses rues du d\u00e9part et ses lignes de fuite.\u00a0\u00bb<br>Yves AUMONT<br><em>Ouest-France<\/em>, 28 mai 2002. <\/p>\n\n\n\n<p><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Postface de Fran\u00e7ois Bon,\u00c9ditions Joca Seria, 2002. 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