{"id":202,"date":"2020-01-11T15:39:59","date_gmt":"2020-01-11T14:39:59","guid":{"rendered":"http:\/\/jfpiquet.com\/?page_id=202"},"modified":"2020-01-18T19:07:10","modified_gmt":"2020-01-18T18:07:10","slug":"lheure-avant-lheure","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/jfpiquet.com\/?page_id=202","title":{"rendered":"L&rsquo;Heure avant l&rsquo;heure"},"content":{"rendered":"\n<p> \u00c9ditions Le bruit des autres, 2008<br>Ce monologue a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par Roberte Lamy de la Compagnie La Douce Am\u00e8re au Centre culturel Jean-Louis Barrault de Vert-le-Petit le 5 octobre 2007.<br>Peinture de couverture&nbsp;: Sabine Stellittano. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"194\" height=\"300\" src=\"https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/heure-194x300.jpg\" alt=\"Couverture de &quot;L'Heure avant l'heure&quot;\" class=\"wp-image-206\" srcset=\"https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/heure-194x300.jpg 194w, https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/heure.jpg 333w\" sizes=\"(max-width: 194px) 100vw, 194px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><em>Extrait (pp. 35-37)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Mon amour opus deux, c\u2019\u00e9tait un jeune po\u00e8te\u2026 un jeune po\u00e8te, doux comme un agneau qui m\u2019\u00e9crivait le mignon des vers longs comme le bras\u2026 et qui le ch\u00e9ri je m\u2019en souviens\u2026 se plaisait \u00e0 voir dans l\u2019escargot\u2026 la m\u00e9taphore de sa condition&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Tu vois, me disait-il, je suis comme lui&nbsp;: dur \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur\u2026 tendre \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur\u2026 partout chez moi\u2026 nulle part \u00e0 l\u2019abri&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0 dessus, d\u00e8s fois que j\u2019aurais pas compris&nbsp;: grands discours sur le pouvoir des mots\u2026 sur l\u2019universalit\u00e9 de la po\u00e9sie\u2026 sur les troubadours, chantres et autres m\u00e9tromanes qu\u2019on pers\u00e9cute de par le monde\u2026 auxquels on coupe les mains\u2026 la t\u00eate\u2026 la plume\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Moi, bon public, j\u2019en pleurais \u00e0 chaque fois\u2026 Des larmes et des larmes\u2026 C\u2019est comme \u00e7a, on ne se refait pas, quand on a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 au fer \u00ab&nbsp;rouge&nbsp;\u00bb, c\u2019est pour la vie !<\/p>\n\n\n\n<p>Cela \u00e9tant, un beau jour de notre troisi\u00e8me printemps d\u2019amour, alors qu\u2019il venait de publier son premier recueil de po\u00e9sie et qu\u2019on avait parl\u00e9 de lui dans le journal, mon escargot, mon petit gris, mon gast\u00e9ropopo de Bourgogne, il s\u2019est approch\u00e9 de moi, tout mou, tout penaud dans sa coquille&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Tu vois, ma mie, qu\u2019il m\u2019a bav\u00e9 dans l\u2019oreille, tu vois, j\u2019ai eu besoin de toi pour d\u00e9ployer mes ailes et maintenant j\u2019ai besoin de te quitter pour prendre mon envol\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Cette r\u00e9plique, certes bien trouss\u00e9e, oblige \u00e0 un double constat&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Primo&nbsp;: on peut \u00eatre un bon po\u00e8te et n\u2019y rien conna\u00eetre dans les petites b\u00eates, car la m\u00e9tamorphose de l\u2019escargot en petit zoziau, vous m\u2019excuserez, mais moi j\u2019ai de la peine&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Deuxio&nbsp;: on peut \u00eatre un bon po\u00e8te et un fieff\u00e9 salaud. Car non seulement le colima\u00e7on ch\u00e9rubin s\u2019est envol\u00e9 avec tous les sous d\u00e9pos\u00e9s dans le panier \u00e0 commission, mais il n\u2019a jamais, lui\u2026 jamais rien voulu d\u00e9poser\u2026 dans mon panier mignon&nbsp;\u00e0 moi !<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant il \u00e9tait encore temps\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Mais surpopulation de la plan\u00e8te, qu\u2019il disait, on n\u2019arrivera plus \u00e0 nourrir tout le monde&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est vrai que ses petits vers \u00e0 lui n\u2019auraient pas suffi\u2026 Bon pour les piafs, les petits vers\u2026 Pas pour les loupiots\u2026 Au fond, il avait peut-\u00eatre raison\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Toujours est-il, depuis qu\u2019il est parti, je peux plus blairer les escargots, ni farcis ni vivants\u2026 Surtout vivants&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Quand j\u2019en vois un, je tourne la t\u00eate ou je change de trottoir\u2026 Sinon, j\u2019en ferais de la bouillie sous la semelle\u2026 De la bouillie de po\u00e8te\u2026 Po\u00e8te\u2026 pouet\u2026 pouet\u2026&nbsp;\u00bb <\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><em>Coupures de presse<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;(\u2026) \u2026 ce monologue met en sc\u00e8ne une com\u00e9dienne dans sa loge, juste avant le spectacle. Profitant de cet entre-deux o\u00f9 elle ne se sent \u00ab plus tout \u00e0 fait elle-m\u00eame et pas encore cette autre seule en sc\u00e8ne \u00bb, elle parle, pense, se souvient, dresse des bilans. Elle parle de son m\u00e9tier, de sa m\u00e8re ou de sa grand-m\u00e8re. Elle raconte pour oublier le trac et trouver une raison de monter sur sc\u00e8ne. Durant cette \u00ab heure avant l\u2019heure \u00bb s\u2019esquisse le parcours d\u2019une femme qui a su gagner sa libert\u00e9 et trouver sa place sur la sc\u00e8ne de la vie. Un bel exercice qui trouvera certainement sa place aupr\u00e8s des jeunes com\u00e9diennes.&nbsp;\u00bb<br>\u00c9lisabeth GENTET-RAVASCO<br><em>L&rsquo;Agapante, revue Atelier Th\u00e9\u00e2tre<\/em>, n\u00b034, printemps 2009<br><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Apr\u00e8s&nbsp;<em>Qui d\u2019autre&nbsp;?<\/em>&nbsp;chez le m\u00eame \u00e9diteur et avant un prochain dossier dans&nbsp;<em>D\u00e9charge<\/em>&nbsp;(scoop&nbsp;!), Jacques-Fran\u00e7ois Piquet poursuit son aventure th\u00e9\u00e2trale.&nbsp;<em>L\u2019heure avant l\u2019heure<\/em>&nbsp;est un monologue, que se tient une com\u00e9dienne dans sa loge juste avant d\u2019entrer en sc\u00e8ne. Mais si elle y est seule, des fant\u00f4mes peuplent aussi l\u2019espace \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, ceux de sa m\u00e8re, de sa grand-m\u00e8re, avec lesquels elle \u00e9change, pol\u00e9mique parfois, tente de comprendre et aussi d\u2019oublier. La vie d\u00e9file alors en acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, comme si l\u2019entr\u00e9e en sc\u00e8ne signait la mort de l\u2019actrice, une petite mort provisoire qui se r\u00e9p\u00e8te chaque soir, on abandonne son corps, on le pr\u00eate \u00e0 l\u2019autre, le personnage, le temps d\u2019un spectacle. Comme toujours chez Piquet, c\u2019est subtil, grave et bouleversant, mais il y a ici, dans les mots et plus encore dans le jeu sugg\u00e9r\u00e9 par les didascalies, une dose in\u00e9dite d\u2019humour qui introduit une certaine distanciation. Celle de l\u2019acteur, incertain d\u2019\u00eatre encore lui-m\u00eame ou d\u00e9j\u00e0 son personnage, incertain aussi du d\u00e9cor de cette loge&nbsp;: encore la r\u00e9alit\u00e9 ou d\u00e9j\u00e0 la fiction&nbsp;? Et cette r\u00e9alit\u00e9 qui \u00ab&nbsp;fait passer l\u2019heure avant l\u2019heure&nbsp;\u00bb, qu\u2019est-elle&nbsp;? Souvenir&nbsp;? Illusion&nbsp;? D\u00e9sirs, ou regrets&nbsp;?&nbsp;\u00bb<br>Alain KEWES<br>Revue&nbsp;<em>D\u00e9charge<\/em>&nbsp;140, d\u00e9cembre 2008<br><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><em>L\u2019heure avant l\u2019heure<\/em>&nbsp;a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 2007 par la Compagnie La douce am\u00e8re avec la com\u00e9dienne Roberte Lamy, puis reprise en 2013 dans une mise en sc\u00e8ne de Didier Lagana avec les com\u00e9diennes Marie-Anne Abric, Caroline Boogaerts et Silvia Claret.\n\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9ditions Le bruit des autres, 2008Ce monologue a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par Roberte Lamy de la Compagnie La Douce Am\u00e8re au Centre culturel [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":206,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/jfpiquet.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/202"}],"collection":[{"href":"https:\/\/jfpiquet.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/jfpiquet.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/jfpiquet.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/jfpiquet.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=202"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/jfpiquet.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/202\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":487,"href":"https:\/\/jfpiquet.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/202\/revisions\/487"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/jfpiquet.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/206"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/jfpiquet.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=202"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}