{"id":151,"date":"2020-01-11T13:44:13","date_gmt":"2020-01-11T12:44:13","guid":{"rendered":"http:\/\/jfpiquet.com\/?page_id=151"},"modified":"2020-01-18T19:04:48","modified_gmt":"2020-01-18T18:04:48","slug":"suite-nantaise","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/jfpiquet.com\/?page_id=151","title":{"rendered":"Suite nantaise"},"content":{"rendered":"\n<p>R\u00e9cits<br>\u00c9ditions Rhubarbe, 2013<br>Illustration de couverture&nbsp;: Laurence Rozet. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"187\" height=\"300\" src=\"https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/suite-187x300.jpg\" alt=\"Couverture de &quot;Suite nantaise&quot;\" class=\"wp-image-156\" srcset=\"https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/suite-187x300.jpg 187w, https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/suite-768x1231.jpg 768w, https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/suite-639x1024.jpg 639w, https:\/\/jfpiquet.com\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/suite.jpg 989w\" sizes=\"(max-width: 187px) 100vw, 187px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><em>Quatri\u00e8me de couverture<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Suite nantaise<\/em>&nbsp;prolonge en quelque sorte&nbsp;<em>Noms de Nantes<\/em>&nbsp;paru dix ans plus t\u00f4t, mais sous une autre forme et avec une autre port\u00e9e. En l\u2019occurrence, au travers des cinq mouvements qui composent cette suite, on assiste au glissement du r\u00e9el vers la fiction, \u00e0 la sublimation du v\u00e9cu par l\u2019\u00e9criture. Les derni\u00e8res pages du livre affinent les contours d\u2019un espace romanesque en devenir.&nbsp;\u00bb <\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><em>Premi\u00e8res pages<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Pr\u00e9lude &#8211; Une vie&nbsp;: 1909-1977<\/em><br>\u00ab&nbsp;Sit\u00f4t l\u2019armistice sign\u00e9, le p\u00e8re a fait venir le photographe du bourg voisin. Sa fa\u00e7on \u00e0 lui de prendre rep\u00e8re. C\u2019\u00e9tait en effet la premi\u00e8re et la derni\u00e8re fois qu\u2019il poserait seul avec ses trois enfants. Avant, il y avait Marie ; apr\u00e8s&#8230; Justement, il allait pouvoir y songer, le p\u00e8re, maintenant qu\u2019il avait \u00f4t\u00e9 le ruban noir au revers de son veston, maintenant surtout que la Grande Guerre \u00e9tait finie. Les veuves ne manquaient pas. Lui-m\u00eame n\u2019\u00e9tait plus tr\u00e8s jeune.<br>Le photographe d\u2019Ass\u00e9rac les a fait poser sur le pas de la porte, le p\u00e8re assis sur une chaise, \u00e0 sa droite son fils a\u00een\u00e9 et sa benjamine, \u00e0 sa gauche son cadet. Tous ont rev\u00eatu leurs plus beaux habits pour l\u2019occasion ; seules d\u00e9tonnent les galoches terreuses des enfants, mais sans doute n\u2019avaient-ils rien de mieux pour se chausser. Dans ce hameau de Loire-Inf\u00e9rieure, on portait plus souvent sabots de bois que souliers de cuir. Enfin la m\u00e8re les aurait quand m\u00eame nettoy\u00e9es \u00e0 la brosse, puis graiss\u00e9es et reluies au chiffon. Comme elle aurait rallong\u00e9 le pantalon du cadet, nou\u00e9 la ceinture de la petite. Mais la m\u00e8re n\u2019\u00e9tait plus, emport\u00e9e seize mois plus t\u00f4t par la tuberculose, une mort parmi tant d\u2019autres, presque ordinaire : combien des fermes voisines pourrissaient au loin sans linceul dans la terre lorraine.<br>La tristesse pourtant sur les visages. Du cadet, surtout. Il s\u2019appelle Henri, il a neuf ans. \u00c0 cet \u00e2ge, m\u00eame petit paysan, on a encore le go\u00fbt du lait et des besoins de main douce sur le front avant de s\u2019endormir. Dans quelques mois, il aura une belle-m\u00e8re, ni veuve ni tr\u00e8s jeune, et plus tard trois demi-fr\u00e8res et s\u0153urs. Les bras noueux du p\u00e8re ne suffiront plus \u00e0 nourrir tant de bouches. L\u2019a\u00een\u00e9 partira travailler \u00e0 Saint-Nazaire ; le cadet partagera ses jours entre l\u2019\u00e9cole et les champs ; la fillette ne tardera pas \u00e0 s\u2019en aller rejoindre sa m\u00e8re, m\u00eame cause m\u00eame effet. Oui, le p\u00e8re avait bien senti l\u2019importance de faire venir le photographe.&nbsp;\u00bb <\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><em>Coupures de presse<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;(\u2026) Le lecteur est alors sensible \u00e0 la multiplicit\u00e9 des \u00e9critures&nbsp;: celle musicale, d\u2019abord, et dont le romancier se sert pour amorcer chaque mouvement diff\u00e9rent du texte,&nbsp;pr\u00e9lude, courante, sarabande,&nbsp;pour ne citer que les trois premiers. Ce proc\u00e9d\u00e9 original lui a permis aussi de faire d\u00e9buter son texte d\u00e8s la d\u00e9dicace \u00e0 sa&nbsp;m\u00e8re musicienne, liminaire int\u00e9ressant en ce sens o\u00f9 il confirme la prise en compte du moindre mot. Tout participe de la construction du texte, tout s\u2019y int\u00e8gre, pas de g\u00e2chis ni de surplus de mots, un travail incontournable quand il s\u2019agit d\u2019une \u00e9criture intimiste, apparent\u00e9e au journal. Ainsi le r\u00e9cit, et on le sent, d\u00e9bute-t-il m\u00eame avant-texte, comme avant la naissance du narrateur&nbsp;: il est d\u00e9di\u00e9 explicitement \u00e0 la m\u00e8re et le premier mouvement fait appara\u00eetre imm\u00e9diatement \u00ab&nbsp;le p\u00e8re&nbsp;\u00bb mais qui, s\u2019il repr\u00e9sente une figure paternelle n\u2019est pas celui du narrateur, indiquant une filiation tout autant, d\u2019ailleurs, celle de l\u2019\u0153uvre romanesque avec son double principe de m\u00e9moire et de distance, de sensibilit\u00e9 et de ma\u00eetrise, d\u2019imagination et de technique. (\u2026)&nbsp;\u00bb<br>Chantal DANJOU<br><a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?article6090\">Remue.net<\/a>.<br><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Apr\u00e8s&nbsp;<em>Noms de Nantes<\/em>,&nbsp;Jacques-Fran\u00e7ois Piquet reprend dans ce nouveau livre le th\u00e8me des jeunes ann\u00e9es et revient sur l\u2019enfance bless\u00e9e qu\u2019il porte en lui.<br>C\u2019est la seconde fois que la mention de sa ville natale appara\u00eet dans le titre d\u2019un ouvrage de Jacques-Fran\u00e7ois Piquet. D\u00e9j\u00e0,&nbsp;<em>Noms de Nantes<\/em>,&nbsp;paru aux \u00e9ditions Joca Seria en 2002, \u00e9voquait, par petites proses, petits flashes li\u00e9s \u00e0 certaines rues, certains quartiers de la ville, l\u2019enfance et l\u2019adolescence de l\u2019auteur jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9part pour l\u2019arm\u00e9e.&nbsp;<em>Suite nantaise<\/em>&nbsp;reprend ce th\u00e8me des jeunes ann\u00e9es sous une forme diff\u00e9rente et va au-del\u00e0 dans la qu\u00eate et l\u2019approfondissement de soi.&nbsp;<br>(\u2026)&nbsp;<em>Suite nantaise<\/em>&nbsp;est habilement construit et d\u00e9voile, dans une sorte de bilan que l\u2019on ne d\u00e9couvre qu\u2019au final, le cheminement et l\u2019\u00e9panouissement progressifs d\u2019un homme et d\u2019une \u0153uvre indissociables.&nbsp;&nbsp;\u00bb<br>Patrice ANGIBAUD<br><a href=\"http:\/\/revue-texture.fr\/spip.php?article584\">Revue&nbsp;<em>Texture<\/em><\/a>.<br><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Comme chaque fois chez Jacques-Fran\u00e7ois Piquet, l\u2019\u00e9criture et la construction de l\u2019histoire sont tr\u00e8s propres, on pourrait parler de \u2018ligne claire\u2019 en litt\u00e9rature, en ce qui le concerne. Ce livre est cependant particulier&nbsp;; moins parce qu\u2019il adopte un d\u00e9coupage musical dans le domaine de la symbolique, que parce que la majeure partie du livre est bas\u00e9e sur de l\u2019autobiographie. (\u2026) \u2026l\u2019homme construit ses souvenirs, tente de les v\u00e9rifier dans des retours en arri\u00e8re narratifs et r\u00e9els, et enfin l\u2019espace romanesque s\u2019ouvre \u00e0 nouveau, compl\u00e8tement, dans l\u2019imaginaire et se ramifie dans des univers possibles en projets mi-oniriques, mi-vraisemblables. La boucle est boucl\u00e9e. On part de la graine v\u00e9ridique vers les fruits r\u00e9alisables, extraits de l\u2019\u0153uvre en cours\u2026&nbsp;\u00bb<br>Jacques MORIN<br>Revue&nbsp;<em>D\u00e9charge<\/em>&nbsp;n\u00b0 158, juin 2013. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9cits\u00c9ditions Rhubarbe, 2013Illustration de couverture&nbsp;: Laurence Rozet. 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