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Hanna Zaworonko-Olejniczak
Hanna Zaworonko-Olejniczak
Hanna Zaworonko-Olejniczak est photographe et vit à Paris depuis de nombreuses années. Elle a initié ou participé à de nombreux projets tant avec des jeunes qu’avec des adultes, dans le cadre d’actions scolaires, d’ateliers, de missions sociales ou d’insertion. Seule une visite fouillée de son site Internet peut rendre compte de l’étendue et de la variété de son travail, ainsi que des nombreuses publications qu’elle a signées :

Un certain regard

Si l’on en croit André Gide qui disait que l’importance se doit d’être dans le regard et non dans la chose regardée, il est évident que celui d’Hanna Zaworonko-Olejniczak est empreint d’humanité et de bienveillance : ses photographies en témoignent. Quand il s’agit de personnages, elle sait comme nul autre installer entre elle et eux une sorte de complicité contagieuse qui fait que nous, spectateurs, ne nous sentons jamais exclus, jamais relégués au seul rôle de « regardant » mais partie prenante dans l’aventure, aussi brève fût-elle, qui s’est jouée au moment du déclic. Quand il s’agit de paysages ou d’objets, l’attention est la même au point que l’on s’attend à tout instant à voir apparaître l’être humain qui évolue dans ce décor ou entretient un rapport privilégié avec l’objet en question, un peu comme si celui-ci se tenait juste à la limite du hors champ, prêt à intervenir, prêt à reprendre possession de ce qui lui appartient.


Photographie d’Hanna Zaworonko-Olejniczak


Même si Hanna Zaworonko-Olejniczak se dit issue d’une famille de photographes - et donc implicitement héritière d’un savoir-faire, sinon d’un talent - il n’en demeure pas moins qu’un tel regard n’est jamais acquis, mais se forge au quotidien et doit sans cesse se remettre en question pour conserver sa justesse et son acuité. Dans cette quête exigeante, les projets conduits en partenariats avec des écrivains sont sources d’émulation et Hanna Zaworonko-Olejniczak les vit pleinement depuis leur élaboration jusqu’à leur réalisation sous forme de livres qui la confortent, autant que le lecteur, dans l’idée qu’images et mots participent du même désir d’exprimer un certain regard posé sur le monde.

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Ensemble, nous avons participé à deux projets dans le cadre de l’opération Un moteur pour démarrer mise en œuvre par le Musée national de la voiture et du tourisme de Compiègne en partenariat avec diverses collectivités locales, l’Éducation nationale et la Maison des Écrivains et de la Littérature. Si le premier s’avérait assez classique dans sa forme - atelier d’écriture à partir de photos avec les élèves du lycée professionnel Le Corbusier de Soissons et réalisation d’un carnet de voyage imaginaire publié sous le titre Loin de Soissons, la mer – le second l’était beaucoup moins. Il s’agissait d’une mission de réinsertion pilotée par le centre social Ronceray-Glonnières du Mans, impliquant une douzaine de jeunes déscolarisés et quelques adultes en difficultés. Sous la conduite de professionnels et d’éducateurs, ces derniers devaient restaurer un autocar Berliet des années 50 afin d’en faire un bibliobus pour les enfants de leur quartier. Hanna Zaworonko-Olejniczak et moi-même étions chargés d’animer le volet culturel de l’opération (lecture, écriture, travail sur l’image, visites à la médiathèque, au Musée de l’Automobile, etc.) et d’aider les participants à tenir et illustrer un journal de bord de l’opération. En un peu plus d’un an, avec une rotation assez importante dans les effectifs, la mission était accomplie : l’autocar sortait du garage et roulait comme neuf, tandis que le livre sortait des presses et circulait de main en main.


Couverture du livre "Un car Berliet en pole position au Mans"